Comment fonctionne le marché de l'électricité en France ?

Depuis le début des années 2000, le marché de l’électricité et du gaz en France s’est progressivement ouvert à la concurrence. Il en résulte aujourd’hui l’existence de nombreux fournisseurs qui se livrent une compétition féroce à travers leurs offres. Mais comment le …

Depuis le début des années 2000, le marché de l’électricité et du gaz en France s’est progressivement ouvert à la concurrence. Il …

Depuis le début des années 2000, le marché de l’électricité et du gaz en France s’est progressivement ouvert à la concurrence. Il en résulte aujourd’hui l’existence de nombreux fournisseurs qui se livrent une compétition féroce à travers leurs offres. Mais comment le marché de l’électricité est-il organisé en France ? Quels en sont les principaux acteurs et quelles sont ses perspectives d’évolution pour les décennies à venir ?

Fonctionnement du marché de l'électricité en France

L’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence

Les étapes de la libéralisation du marché de l’électricité en France

L’ouverture du marché de l’électricité ne s’est pas faite en un jour. Aujourd’hui encore, soit plus de 10 ans après l’ouverture totale à la concurrence, EDF conserve toujours une position dominante. Le processus débute pourtant au début des années 2000. Le premier secteur libéralisé est l’industrie dès 1999. Les entreprises les plus consommatrices suivront jusqu'à l’ouverture globale du marché en 2007. Dès lors, tous les consommateurs d’électricité en France peuvent choisir une offre chez un autre fournisseur que EDF. L’occasion d’économiser plusieurs centaines d’euros par an pour beaucoup de ménages. Le processus n’est pas limité à la France mais s’inscrit dans une dynamique européenne visant à créer un vaste marché commun de l’énergie ou marché intérieur de l’électricité.

Et vous ? Le saviez-vous ?

Malgré l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence beaucoup de Français ignorent encore qu’il est aujourd’hui possible de changer de fournisseur d’électricité. Une opération simple, rapide et sans frais qui permet de réaliser de belles économies.

2010 : la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l'Électricité)

La loi NOME du 7 décembre 2010 dessine le schéma de la réorganisation du marché de l’électricité en France pour les années à venir. Son principal objectif : encourager le développement de la concurrence en garantissant aux fournisseurs d’électricité un accès égal au marché de l’énergie. Malgré l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence en 2007, EDF conserve toujours près de 70% des parts de marché. Le fournisseur historique tire avantage de son parc nucléaire qui assure encore les trois quarts de la production énergétique en France. Pour répondre à ce problème, la loi NOME apporte plusieurs solutions :

  • La création de L’ARENH (Accès Régulé à l'Énergie Nucléaire Historique), qui permet aux fournisseurs alternatifs de s'approvisionner à prix compétitif avec l’électricité produite à partir des centrales d’EDF dans une limite de 100 TWh/an. Le montant exact est fixé chaque année par la Commission de Régulation de l’Énergie.

  • La suppression des tarifs réglementés de vente de l’électricité pour les entreprises et les professionnels ayant une puissance souscrite supérieure à 36 kVA (Tarif jaune et Tarif vert) à partir du 1er janvier 2016.

  • Le maintien des tarifs réglementés de vente de l’électricité pour les particuliers (Tarif bleu d’EDF).

  • La mise en place d’obligations supplémentaires pour les fournisseurs alternatifs tels que l’organisation leurs propres capacités de production afin de conforter l’indépendance énergétique de la France et la transition vers les énergies renouvelables. Ils devront aussi établir des capacités d’effacement de consommation électrique, c’est-à-dire de demander à leurs clients de diminuer leurs dépenses en énergie en cas de pic de consommation.

Comment sont fixés les prix de l'électricité ?

Les tarifs réglementés de vente (abrégés TRV) sont fixés en France par les pouvoirs publics. Ils ne peuvent être proposés à la vente que chez les fournisseurs historiques (EDF pour l’électricité et Engie pour le gaz). Ils sont amenés à disparaître progressivement pour laisser la place aux offres de marché. Pour les professionnels (puissance > 36 kVA), il n’est d’hors et déjà plus possible de souscrire à une offre au tarif réglementé.

Un marché de l’électricité 100% libéralisé ?

À terme, les tarifs réglementés de l’électricité devraient disparaître. Il serait en revanche imprudent d’annoncer une date puisque rien n’est encore officiellement fixé. Néanmoins, en septembre 2017, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) s’est prononcée comme étant favorable à la disparition des TRV sur l’électricité. Pour le gaz naturel, les choses sont différentes et ces derniers devraient disparaître dans toute l’Union Européenne d’ici à 2023.

Qui sont les acteurs du marché de l’électricité en France ?

La Commission de Régulation de l'Énergie : contrôler et réguler

La CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) est un organisme administratif indépendant chargé par l’État de veiller au bon fonctionnement du marché de l’énergie en France. Fondée en 2000, elle a accompagné le processus de libéralisation du marché et s’assure aujourd’hui que les principes de libre concurrence sont respectés. Concrètement elle doit faire en sorte. Elle est aussi chargée de fixer le montant des tarifs réglementés de vente de l’électricité et du gaz en concordance avec le ministère de l’économie et des finances. Sa mission s’articule autour de 3 principes fondateurs :

  • Indépendance : les décisions prises par le CRE doivent être neutres et objectives.

  • Impartialité : elle doit veiller à ne favoriser aucun acteur du secteur de l’énergie.

  • Transparence : en tant qu’organisme public, tous ses travaux sont publics et accessibles gratuitement à tous.

Les producteurs d’électricité

La France ne brille pas par la diversité de son mix énergétique. Malgré une forte volonté de développer les énergies renouvelables, le nucléaire occupe toujours une place prédominante dans la production électrique française.

Les fournisseurs d’électricité en France en 2019

L’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence à favoriser l’émergence de nombreux fournisseurs alternatifs d’électricité. On les appelle ainsi car ils représentent une alternative au fournisseur historique EDF. Il en existe aujourd’hui plus d’une trentaine dont voici un petit échantillon (vous pouvez bien sûr consulter la liste complète des fournisseurs d’électricité pour plus de précisions) :

  • Total Direct Energie : Issu de la fusion entre Total Spring et Direct Energie suite au rachat de ce dernier par le groupe Total, ce fournisseur est désormais le premier fournisseur alternatif en France.

  • Vattenfall : Ce fournisseur suédois implanté en France depuis 2000 est bien connu des professionnels. Il propose aujourd’hui aux particuliers des offres d’électricité vertes et des offres de gaz à des prix compétitif.

  • Happ-e : L’offre low-cost d’Engie (le fournisseur historique de gaz) qui n’a de low-cost que le prix. Le fournisseur propose de l’électricité à bon prix pour le plus grand plaisir de ses clients.

  • Ohm Energie : Ce nouveau fournisseur d’électricité propose plusieurs offres d’électricité à des prix compétitifs. Son secret ? Proposer des offres pour chaque usage (petites consos, soir et week-end, etc). Il propose même de l’électricité verte en option !

Le marché de gros de l’électricité : de la production à la distribution

Le marché de gros

Le marché de gros, c’est le marché où l’électricité est négociée et achetée par les fournisseurs aux producteurs avant d’être commercialisée sur le marché de détail puis distribué à travers le réseau de distribution.

D’où provient l’électricité négociée sur le marché de gros ?

Le marché de gros assure l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité en France. Comme pour tout marché, on trouve d’un côté l’offre : c’est-à-dire l’électricité produite en France dans les centrales nucléaires ou par d’autres moyens de production ainsi que l’électricité importée. De l’autre côté, on retrouve la demande. Une grande partie de l’électricité est consommée directement sur le territoire français. L’autre part, variable, représente l’électricité exportée.

Le solde exportateur de la France en matière d’électricité est positif ! Pendant la plupart des jours de l’année, la France exporte de l’électricité notamment grâce à son solide parc nucléaire. Elle doit néanmoins importer de l’électricité de chez ses voisins européens l’hiver lors des pics de consommation. En 2018, le solde exportateur français était de 60,2 TWh soit 86,3 TWh exportés contre 26,1 TWh importés (source RTE, Bilan électrique 2018). Une belle progression par rapport à l’année précédente où il s'élevait tout de même à 28 TWh.

De l’électricité dans les oubliettes ?

L’électricité se conserve mal, c’est pourquoi il est primordial d’adapter la production à la demande en temps réel. En effet, 1 MWh produit n’équivaut pas à 1 MWh consommé. Une partie de l’électricité produite est perdue lors de son transport, ou lors des autres étapes qui vont de la production à la consommation finale.

Comment fonctionnent les transactions sur le marché de gros ?

Une petite partie de l’électricité produite est consommée directement. L’autre partie, la plus importante et celle que vous utilisez certainement, a été négociée sur le marché de gros. On y retrouve trois principaux acteurs :

  • Les producteurs d’électricité qui vendent l’électricité produite dans leurs installations (centrales nucléaires, hydroélectriques ou autres).

  • Les fournisseurs d’énergie qui achètent de l’électricité pour la revendre à leurs clients (oui c’est bien vous).

  • Des négociants qui jouent le rôle d’intermédiaire entre les producteurs et les fournisseurs.

Les transactions entre ces différents acteurs peuvent s’opérer sur différents marchés qui ont tous leurs propres caractéristiques :

  • Les bourses, comme la bourse européenne EPEX SPOT où l’on retrouve les producteurs de plusieurs pays européens.

  • Le marché de gré à gré : autrement dit des transactions directes entre fournisseurs et producteurs sans intermédiaires.

  • Le marché de gré à gré intermédié : des négociants jouent ici un rôle d’intermédiaire entre les producteurs d’électricité et les fournisseurs.

Les produits négociés sur le marché de gros (spot et à terme)

Si l’on parle bien d’électricité échangée sur le marché de gros, il faut tout de même différencier plusieurs typologies de produits en fonction de leur date de consommation.

  • Les produits spot sont les produits vendus puis consommés sur le court terme (pas plus de deux jours). On distingue ainsi les produits journaliers (Day-ahead) des produits demi-horaires, horaires ou par blocs de plusieurs heures. Le prix des produits spot est fixé chaque jour à la bourse EPEX SPOT et fluctue beaucoup en fonction de l’offre et de la demande.

  • Les produits à terme sont négociés bien avant leur date de livraison. Les fournisseurs anticipent ainsi la demande plusieurs semaines et plusieurs mois à l’avance. Cela leur permet notamment d’éviter la flambée des prix sur la bourse spot lors des pics de consommation en Europe l’hiver.

Le marché de détail de l’électricité

Le marché de détail

Le marché de détail est le marché auquel la plupart des consommateurs (particuliers et professionnels) ont accès. Si vous décidez de changer de fournisseur d’électricité, c’est sur le marché au détail que vous trouverez votre nouveau contrat d’électricité !

Les offres au tarif réglementé

Seul EDF, le fournisseur historique d’électricité en France peut proposer une offre au tarif réglementé. C’est le célèbre Tarif bleu d’EDF. Il est uniquement réservé aux particuliers et aux professionnels qui ont besoin d’une puissance de compteur inférieure à 36 kVA. Les autres fournisseurs d’électricité peuvent aussi proposer des offres au même prix que les tarifs réglementés mais elles seront considérées comme des offres de marché. Dans une autre mesure, la plupart des offres d’électricité voient leurs prix indexés aux tarifs réglementés. Cela signifie qu’en cas de hausse ou de baisse des TRV, le prix des offres indexées sur ce dernier variera de manière similaire.

Bon à savoir

Beaucoup de fournisseur pratiquent uniquement une réduction de X% sur le prix du kWh. Le prix de l’abonnement (la part fixe de votre facture d’électricité) est lui bien souvent égal à celui du TRV affiché par EDF.

Les offres de marché : le présent et le futur du marché de l’électricité

Avec la libéralisation du marché de l’électricité, les fournisseurs sont libres de fixer leurs propres tarifs en fonction de leurs coûts de revient. Les réductions atteignent en moyenne 10% sur le montant HT du kWh par rapport aux tarifs réglementés. Tous les fournisseurs alternatifs et EDF sont en revanche soumis aux coûts fixes que représentent l’accès au réseau et les taxes.

L’ouverture du marché à la concurrence s’est accompagnée d’un certain nombre de garanties pour les consommateurs.

  • Tous les contrats d’électricité ou de gaz sont sans engagement.

  • Aucun frais de résiliation ne pourront vous être facturés si vous changez de fournisseur.

Qui propose quoi ?

Quel fournisseur ?

Offre au tarif réglementé

EDF

Offre de marché

EDF et tous les fournisseurs alternatifs

Récapitulatif : quelle offre pour quel fournisseur ?

Comment s’y retrouver face à toutes ces offres ? La meilleure chose à faire est d’utiliser un comparateur des fournisseurs d’électricité. Facilement accessible, cet outil vous permettra de dégager rapidement les meilleures offres d’énergie en fonction de vos besoins. Si vous souhaitez obtenir des informations supplémentaires au sujet du changement de fournisseur, vous pouvez contacter gratuitement l’un de nos conseillers en energie au 09 75 18 60 60. Ils pourront vous assister dans vos démarches du lundi au vendredi de 8h30 à 20h et le samedi de 9h30 à 18h.