Le solaire désormais rentable sans aides

Modifié par Jade Sebastien, Rédactrice experte solaire le 9 juin 2026 à 11h18
Temps de lecture : 3 min
Fin des aides solaires, une mauvaise nouvelle ?

Le gouvernement a officialisé ce jeudi 4 juin 2026 deux changements majeurs pour les particuliers qui souhaitent passer au solaire : la baisse du tarif de rachat du surplus et la suppression de la prime à l'autoconsommation.

En résumé :

Les dernières aides à l’installation de panneaux solaires viennent de disparaître :

Ce décret n’est toutefois pas une mauvaise nouvelle : le solaire résidentiel est désormais rentable par lui-même, sans soutien public.

Selon nos calculs, le temps de retour sur investissement d'un projet de 6 kWc (12 panneaux) :

  • demeure quasiment inchangé malgré la baisse des aides ;
  • se stabilise lorsqu'on y intègre une batterie de stockage ;
  • peut même s'améliorer via un pilotage intelligent de ses équipements électriques.
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Le solaire reste rentable, même sans les aides

L'autoconsommation, le vrai moteur de rentabilité

Depuis plusieurs années, avec la baisse continue des tarifs de rachat du surplus, la rentabilité d’un projet solaire est portée par l’autoconsommation. Chaque kilowattheure (kWh) produit et consommé permet d'éviter l'achat d'un kWh sur le réseau, facturé 0,1940 € (Tarif Bleu EDF), soit vingt fois plus que le nouveau tarif de rachat.

Le solaire, premier moteur de l'électrification des foyers

Les données issues des 80 000 utilisateurs de l’application Hello Watt équipés de panneaux solaires sont révélatrices :

Comment maximiser son autoconsommation ?

Un retour sur investissement décalé d'un an seulement

Malgré ce changement, le temps nécessaire pour rentabiliser une installation photovoltaïque reste quasiment inchangé. Concrètement, le retour sur investissement d'une installation de 6 kWc n'augmente que d'une année, passant de 9 à 10 ans.

Cette durée de retour sur investissement demeure identique pour les projets intégrant une batterie de stockage.

Photovoltaïque : un investissement toujours rentable malgré la baisse des aides

Le solaire résidentiel ne disparaît pas avec la suppression des subventions. Cela marque simplement la fin d'une époque où les aides compensaient un coût d'installation encore élevé. Aujourd'hui : 

  • les panneaux sont moins chers ;
  • la technologie est mature ;
  • l'autoconsommation suffit à justifier l'investissement.

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Deux mesures concrètes pour rendre le solaire accessible à tous

Réduire les incitations à injecter sur le réseau s’impose comme une décision logique face à la multiplication des épisodes de prix négatifs. Néanmoins, il est nécessaire d’accompagner intelligemment la fin des aides pour ne pas freiner le déploiement du solaire résidentiel. 

Le rapport Lévy-Thuot sur le soutien public aux énergies renouvelables, remis au gouvernement en avril 2026, avait anticipé les deux mesures qui viennent d'être prises par le gouvernement. Il formulait également plusieurs propositions en faveur du solaire et de l'autoconsommation. Pour accompagner la fin des aides solaires, deux d’entre elles sont particulièrement pertinentes.

Prix négatifs : de quoi s’agit-il  ?

Les prix négatifs de l'électricité surviennent lorsque la production dépasse la consommation sur le réseau électrique, au point que les producteurs doivent payer pour évacuer leur électricité.

1/ Ouvrir l’éco-prêt à taux zéro au photovoltaïque

Le solaire est rentable pour la quasi-totalité les ménages, mais tous ne disposent pas de l'épargne nécessaire pour investir. C'est là que l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) peut jouer un rôle décisif.

Qu’est-ce que l’éco-PTZ ?

L’éco-PTZ est un prêt sans intérêts qui permet de financer des travaux de rénovation énergétique comme l’isolation ou l’installation d’une pompe à chaleur.

Aujourd'hui réservé aux travaux de rénovation énergétique, il pourrait être étendu au photovoltaïque. Cela permettrait d’en faire :

  • une solution accessible à un plus grand nombre ;
  • un levier supplémentaire contre l'éco-délinquance, puisque la banque vérifie les certifications et les assurances de l'installateur.

2/ Appliquer la TVA à 5,5 % aux batteries

Aujourd'hui, l’ajout d’une batterie à une installation photovoltaïque fait basculer l'ensemble du projet à 20 % de TVA. Ce taux est d'autant plus difficile à justifier que l'arrêté du 8 septembre 2025 a déjà instauré une TVA à 5,5 % pour les installations intégrant un système de gestion intelligente de l'énergie ; or la batterie en est le composant central.

Étendre cette logique aux systèmes de stockage serait une correction simple, rapide, et de nature à redonner confiance aux ménages qui hésitent à franchir le pas.

La flexibilité : le vrai défi du réseau électrique

La France n'en est qu'aux prémices du solaire résidentiel. Les Pays-Bas et l'Allemagne,  moins protégés historiquement contre la hausse des prix, comptent deux à trois fois plus d'installations résidentielles.

Pourtant, l'électricité française n'est plus la moins chère d'Europe, et produire et consommer sa propre énergie est désormais bien moins coûteux que l'acheter sur le réseau.

Le solaire devient une protection face à la hausse des prix, encore plus lorsqu'il est combiné à une pompe à chaleur et/ou un véhicule électrique.

Mais produire sa propre électricité, c’est aussi un enjeu pour le réseau électrique dans son ensemble. En France, le nucléaire représente près de 68 % du mix, mais reste difficile à moduler. À mesure que le solaire résidentiel se déploie, deux leviers deviennent indispensables :

  1. le stockage : le prix des batteries recule rapidement, rendant l'autoconsommation plus accessible ;
  2. le pilotage : les panneaux solaires, pompes à chaleur et voitures électriques peuvent tous être pilotés en fonction des besoins du réseau.
    C'est déjà une réalité : pour ses utilisateurs volontaires, Hello Watt suspend la production de leur onduleur lors d’épisodes de prix négatifs, sans affecter leur autoconsommation et contre rémunération.
Jade Sebastien
Jade Sebastien

Rédactrice experte solaire

Rédactrice chez Hello Watt, Jade est spécialiste du photovoltaïque. Elle vous livre également tous les secrets des systèmes de chauffage écologiques : panneaux solaires, pompe à chaleur et poêle à bois !

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Commentaires
RICHARD Jean Luc
 - 4 juin 2026

Bonjour

Je ne comprends pas le tarif de rachat du surplus de production.

En juillet 2025, le rachat se faisait à 0,1297 C€ /kw et non au prix de 0,04C€ comme vous l'indiquez.

Vous pouvez expliquer ?

Cordialement

Jade
Jade
 - 5 juin 2026

Bonjour,

le tarif de rachat du surplus est fixé pour 20 ans au moment de la demande de raccordement, mais il était révisé tous les 3 mois par arrêté. Pour les projets réalisés entre le 1er février et le 30 avril 2024, il était effectivement fixé à 0,1297 €/kWh.

Le tarif communiqué dans l'article est celui en vigueur depuis le 28/03/2025. Vous pouvez consulter l'évolution trimestre par trimestre des tarifs de rachat dans notre article dédié.

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