Les prix du gaz et de l’électricité déjà au cœur de la campagne législative

Écrit par Juliette Mariani, Journaliste énergie et rénovation le 12 juin 2024 à 11:02 | Modifié le 12 juin 2024 à 11:02
Temps de lecture : 2 min

Suite au coup de tonnerre de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale dimanche soir, le sujet des prix de l’énergie s’impose comme un enjeu majeur de la campagne législative. Les promesses de réduction des prix sont au cœur d’une âpre bataille entre le Rassemblement national et le camp présidentiel

En résumé : 

  • Lundi matin, le Rassemblement national a promis de stopper l’augmentation du prix du gaz s’il remporte les législatives
  • Promesse de campagne à laquelle le gouvernement a riposté dès mardi matin, par la voix de Bruno Le Maire, en promettant une baisse de 10 à 15 % des factures d’électricité des Français en février 2025
  • Hello Watt décrypte les approximations derrière ces deux promesses électorales.
Elections législatives 2024

Lundi 10 juin : le Rassemblement national critique vivement la hausse des prix du gaz

Lundi matin, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé que l’augmentation des prix du gaz au 1er juillet 2024, connue depuis février, sera finalement plus importante que prévue, atteignant 11,7 % en moyenne

Le Rassemblement national y a tout de suite vu une opportunité de campagne. Dans la foulée, sur le plateau de BFMTV, Sébastien Chenu, porte-parole du RN, a affirmé que la première mesure de Jordan Bardella, s’il devenait Premier ministre, serait de “stopper la hausse du prix du gaz”. 

Cette promesse a été réitérée dès le lendemain matin, mardi 11 juin, cette fois-ci sur le plateau de CNews. Sébastien Chenu s’est engagé à instaurer “une mesure de pouvoir d’achat : arrêter la hausse du gaz qui est annoncée par le gouvernement”. 

Deux semaines plus tôt, le 27 mai, en pleine campagne pour les européennes, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, souhaitait déjà “alerter les Français les yeux dans les yeux” sur l’augmentation des tarifs du gaz au 1er juillet, qu’il imputait à une décision d’Emmanuel Macron

Le RN a-t-il raison d’attribuer la hausse à une décision gouvernementale ?

Cette augmentation est-elle vraiment le fruit d’une décision du gouvernement ? En réalité, c’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative indépendante, qui a décidé d’augmenter le prix repère du gaz, pour une raison essentiellement technique

En effet, la majeure partie de la hausse est liée à l’augmentation des tarifs d’acheminement du gaz (transport et distribution), visant à pallier la baisse de consommation de gaz, alors que les coûts d’entretien du réseau restent fixes. En d'autres termes, les dépenses liées à l'utilisation du réseau sont réparties sur une quantité moindre de gaz consommé, ce qui entraîne mécaniquement une hausse des tarifs.

L’autre partie de la hausse est liée à l’augmentation des prix du gaz sur les marchés de gros.

Mardi 11 juin : le camp présidentiel riposte en promettant une baisse du prix de l'électricité

Le camp macroniste n’a pas tardé à riposter. Mardi matin, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, à son tour invité dans l’émission Face-à-face de BFMTV, a justifié l’augmentation du prix du gaz par la nécessité d’entretenir les réseaux, avant de faire une promesse de taille. “En février 2025, la facture d’électricité de chaque Français baissera de 10 à 15 %.” Une baisse rendue possible, selon le ministre, par les investissements de la France dans le nucléaire et les énergies renouvelables

Le camp présidentiel cherche ainsi à reprendre le dessus sur le thème du pouvoir d’achat, cher au Rassemblement national, et à contrecarrer sa communication, alors que le prix de l’énergie semble parti pour s’imposer comme un enjeu majeur de la campagne

Une promesse facile à tenir ?

Pour autant, l’engagement de baisser le prix de l’électricité ne semble pas très difficile à promettre pour le gouvernement. En effet, la baisse du tarif réglementé de vente de l'électricité (TRVE) devrait suivre la tendance à la baisse des prix de marché observée ces derniers mois. 

Les fournisseurs alternatifs appliquent déjà cette baisse depuis quelques mois, contrairement au tarif réglementé de vente, commercialisé par EDF, qui est calculé tous les six mois en fonction du coût d’approvisionnement des deux dernières années. Ainsi, en février 2025, le tarif réglementé de vente de l’électricité, basé sur les années 2023 et 2024, et non plus sur 2022, année de crise marquée par une flambée des prix de l’énergie, devrait répercuter la baisse des prix de gros

Une baisse de “seulement” 10 à 15 % laissera même au gouvernement une certaine latitude pour continuer à relever les taxes sur l’électricité, qui avaient été réduites dans le cadre du bouclier tarifaire pendant la crise de l’énergie. 

Juliette Mariani
Juliette Mariani

Journaliste énergie et rénovation

Juliette a rejoint Hello Watt en 2024 après des études de lettres et de marketing. Sa mission : vous tenir informés des dernières actualités du secteur de l’énergie dans les articles du blog Hello Watt.

Commentaires
Philippe
 - 14 juin 2024

Dans ce contexte de difficulté d'approvisionnement, ne serait il pas pertinent de mener une politique de baisse du gaz vers l'électricité pour la souveraineté et le coût ? En favorisant plaques induction et chauffage alternatif (elec ou bois, pellet).

Et ainsi réduire fortement la taille du réseau gaz, quite a garder quelques nœuds là où c'est rentable / utile (zone indus, villes...)

Bouaddi
 - 16 juin 2024

Bonjour

Est-ce que Hello watt gère aussi le gaz?

Juliette
Juliette
 - 18 juin 2024

Bonjour, 

Cela dépend de ce que vous entendez par "gérer".  Hello Watt n'est pas un fournisseur d'énergie, mais nous proposons un comparateur des prix des offres d'électricité et/ou de gaz qui vous permet de vérifier si votre contrat de gaz est le plus compétitif disponible sur le marché, et d'en changer en quelques clics. 

Laurent
 - 18 juin 2024

Bonjour,

Face à ces augmentations, quelle énergie choisir pour se chauffer ? Le Gaz ? L'électricité ?

Nous sommes perdus...

 

Bien Cordialement,

Juliette
Juliette
 - 18 juin 2024

Bonjour, 

Difficile de vous répondre précisément car le choix doit se faire selon vos usages et votre budget.

Concernant le gaz, la hausse du 1er juillet est liée à une baisse de la consommation générale de gaz en France, qui devrait se poursuivre. Les tarifs d'acheminement seront donc à terme répercutés sur un nombre toujours plus petit de consommateurs, et les taxes amenées à augmenter. 

Dans le cadre d'une rénovation énergétique, Hello Watt conseille aux particuliers de se renseigner sur la pompe à chaleur, qui est une solution de chauffage très efficace et peu énergivore. Son installation doit toujours s'envisager dans un logement bien isolé. 

Je vous invite également à vous inscrire à notre achat groupé d'énergie, qui devrait nous permettre de négocier des offres très avantageuses pour des contrats d'électricité et d'électricité + gaz. 

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