Pourquoi le prix du gaz va continuer à augmenter, même si les marchés baissent
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Au 1er juillet 2026, le tarif d'accès au réseau de gaz (ATRD) a augmenté de +5,87 % comme annoncé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) en avril 2026. Cette hausse s'est répercutée sur la facture TTC des consommateurs résidentiels à hauteur de +1,5 % en moyenne, principalement sur le prix de l’abonnement, en plus des hausses liées à la flambée des marchés de gros.
En résumé :
- Les tarifs d'accès au réseau de distribution du gaz ont augmenté de 5,87 % en juillet 2026.
- Cette hausse des coûts réseaux s'explique par une baisse du nombre de consommateurs, qui doivent donc assumer une part de plus en plus importante de l'entretien des infrastructures.
- Cette hausse structurelle est amenée à se poursuivre, indépendamment de l'évolution des prix du gaz naturel sur les marchés.
- Même si les tensions géopolitiques s'apaisent et que les prix baissent sur les marchés, la hausse des coûts du réseau pèsera de plus en plus sur votre facture.
- Réduire votre consommation de gaz permet de maîtriser un peu plus vos factures, mais électrifier ses usages est la meilleure solution à moyen et long terme pour échapper à l'augmentation structurelle des coûts du réseau.
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Qu'est-ce qui augmente exactement dans votre facture de gaz ?
Votre facture de gaz est composée de trois éléments :
- les coûts d'approvisionnement : c'est le prix du gaz acheté par votre fournisseur sur les marchés de gros ;
- les coûts du réseau : le tarif d'utilisation des réseaux de distribution (ATRD), du stockage (ATS) et du transport (ATRT) ;
- les taxes : TVA, CTA et accise sur le gaz naturel.
Ce sont les coûts du réseau, et plus précisément l'ATRD (tarif d'utilisation des réseaux de distribution), qui a augmenté au 1er juillet 2026. L’ATRD finance l'entretien, la sécurité et le renouvellement des canalisations de gaz sur tout le territoire.
Coût du réseau et prix du gaz : deux logiques différentes
Le tarif du réseau (ATRD) est fixé par la CRE et révisé une fois par an, en juillet. Le prix du gaz sur les marchés de gros, lui, varie chaque mois.
En juillet 2026, les deux mouvements se sont cumulés : le prix repère de vente du gaz a augmenté de +7,4 % au 1er juillet, sous l'effet conjugué de la remontée des cours sur les marchés et de la hausse de l'ATRD.
La vraie raison est structurelle : moins de gaz consommé, plus cher au kWh
Si la hausse des coûts d'approvisionnement, le prix du gaz sur les marchés, dépend principalement du contexte géopolitique, celle des coûts du réseau est structurelle. L'entretien et la modernisation du réseau ont un coût identique, peu importe le nombre de consommateurs qui utilisent ce réseau.
Or la consommation de gaz baisse chaque année, la CRE appliquant un docteur de 1,91 % par an pour anticiper cette tendance. Avec les rénovations énergétiques et le recul progressif du chauffage au gaz, les coûts fixes du réseau se répartissent sur un nombre de consommateurs de plus en plus bas.
Chaque kWh consommé finance ainsi une part plus importante du réseau, ce qui explique en grande partie la hausse du tarif ATRD cette année. Cette tendance étant amenée à se poursuivre, réduire sa propre consommation ne suffit pas à moyen-long terme.
Pourquoi le tarif du réseau augmente mécaniquement chaque année
L'ATRD7, 7ème version de l’ATRD, est entré en vigueur le 1er juillet 2024 pour quatre ans, soit jusqu'en 2028. Il est révisé chaque année selon une formule qui intègre :
- l'inflation ;
- la baisse de consommation anticipée (-1,91 %) ;
- un ajustement des recettes des gestionnaires de réseau par rapport aux prévisions.
Ce mécanisme ne concerne pas que la distribution : le transport (ATRT) et le stockage (ATS) ont eux aussi augmenté en avril 2026, de respectivement +3,4 % et +23,8 %.
Qu'est-ce que cela signifie pour les consommateurs sur le long terme ?
Cette hausse est amenée à se reproduire chaque année, tant que la consommation de gaz continue de reculer en France. Plus les foyers délaissent le gaz, plus le coût du réseau pèse sur les consommateurs qui restent raccordés, indépendamment des prix de marché du gaz.
Face à cette tendance structurelle, deux options permettent de reprendre la main sur votre facture :
- isoler votre logement réduit vos besoins de chauffage, ce qui permet de maîtriser davantage votre budget ;
- remplacer votre chaudière gaz en fin de vie par une pompe à chaleur (PAC) permet de réaliser des économies sur vos factures, mais aussi d'éviter la hausse des coûts du réseau gaz en passant à l'électricité.
À titre d’exemple, une pompe à chaleur air-eau en remplacement d’une chaudière à gaz permet de réduire la consommation pour le chauffage de 62 % en moyenne. Pour un foyer chauffé au gaz, qui consomme 14 000 kWh de gaz et 3 500 kWh d’électricité par an, cela représente environ 886 € d’économies annuelles.
Ces hausses impactent aussi les offres à prix fixe
Une offre de gaz à prix fixe vous protège des augmentations du prix du gaz sur les marchés de gros, ce qui constitue une sécurité importante dans le contexte actuel. Néanmoins, votre contrat est tout de même impacté par les évolutions fiscales (taxes) et les hausses des coûts du réseau.
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