MaPrimeRénov’, DPE et coup de pouce thermostat : voici ce qui va changer
- Messenger
- Copier le lien
Valérie Létard, ministre du Logement, a dévoilé son plan pour le secteur du logement en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi 6 novembre. Plusieurs mesures importantes concernent la rénovation énergétique des logements. En parallèle, la ministre de l’Énergie, Olga Givernet, a annoncé hier, le 7 novembre, la suspension de l’aide coup de pouce à l’installation de thermostats connectés.
En résumé
- MaPrimeRénov’ voit son budget et ses ambitions revus à la baisse, avec une enveloppe de 2,3 milliards d’euros pour 2025, contre 5 milliards initialement prévus en 2024.
- Bonne nouvelle pour le secteur de la rénovation énergétique : les mono-gestes de travaux continueront à être financés par MaPrimeRénov’ en 2025.
- Les logements en copropriété au DPE G pourront échapper à l’interdiction de mise en location qui doit s’appliquer à partir du 1ᵉʳ janvier 2025 dans trois cas précis.
- Le coup de pouce thermostats, financé par les CEE (Certificats d’économie d’énergie) est suspendu jusqu’à nouvel ordre dès maintenant.
MaPrimeRénov’ : budget raboté mais mono-gestes préservés
Un budget divisé par deux
La ministre du Logement, Valérie Létard, a confirmé le budget de 2,3 milliards d’euros alloué à MaPrimeRénov’. La principale aide à la rénovation énergétique des logements voit donc son enveloppe fondre de plus de moitié par rapport au budget de 5 milliards d'euros initialement prévu pour 2024. Malgré la baisse, la ministre soutient un objectif de 350 000 rénovations énergétiques pour 2025.
À titre de comparaison, en 2023, MaPrimeRénov’ avait bénéficié d’un budget de 3,4 milliards d’euros, permettant à 569 000 logements de bénéficier de financements pour des travaux de rénovation énergétique.
Mais les mono-gestes continueront à être subventionnés
Les règles de MaPrimeRénov’ en 2025 devraient être sensiblement identiques à celles de 2024. Surtout, le financement des gestes simples de travaux (installer une pompe à chaleur, remplacer des fenêtres simple vitrage, isoler ses combles…) sera maintenu, une excellente nouvelle pour le secteur de la rénovation énergétique.
L’année 2024 a été marquée par de multiples volte-face du Gouvernement, qui avait d’abord exclu de MaPrimeRénov’ les aides pour les mono-gestes, dans l’objectif de favoriser les rénovations globales, combinant plusieurs gestes de travaux. En mai 2024, les mono-gestes avaient été réintroduits en catastrophe, trop tard cependant pour remettre MaPrimeRénov’ 2024 sur les rails.
Les chiffres de la rénovation énergétique de l’année 2024 s'annoncent ainsi très mauvais, beaucoup de particuliers ayant abandonné ou ajourné leurs projets de travaux du fait du manque de clarté et de visibilité sur les aides à leur disposition. Pour 2025, la stabilité annoncée, avec le maintien des mono-gestes, pourrait enfin rassurer les ménages et relancer la dynamique.
DPE : près de la moitié des bailleurs pourraient, sous certaines conditions, échapper à l'interdiction de mise en location
Beaucoup de propriétaires bailleurs s’en inquiètent. Au 1er janvier 2025, environ 600 000 logements en location classés G, la plus mauvaise note du DPE, ne pourront plus faire l'objet de nouveaux baux de location.
Cependant, lors de sa prise de parole à l’Assemblée, Valérie Létard a réitéré son soutien à la proposition de loi visant à assouplir cette interdiction pour les logements G en copropriété actuellement loués en France, qui représentent environ 250 000 des 600 000 logements concernés.
En effet, fin octobre, deux députés (Ensemble pour la République et PS) ont déposé une proposition de loi pour suspendre l’interdiction de louer pour certains des logements G en copropriété. Ils pourraient gagner trois ans de sursis, dans trois cas précis :
- lorsque le locataire s’oppose à la réalisation des travaux ;
- lorsque l’assemblée générale de copropriétaires s’oppose à la réalisation des travaux :
- quand les travaux de mise en conformité sont déjà en cours.
Le vote de cette loi enverrait un mauvais signal aux locataires en situation de précarité énergétique, habitant des passoires thermiques difficilement chauffables à moins de payer des factures d’énergie astronomiques. Pour Hello Watt, une telle mesure devrait impérativement être assortie d’un plan d’accompagnement précis pour aider les copropriétaires à mettre en place leurs travaux.
Mise à l’arrêt du coup de pouce thermostat
Le coup de pouce thermostat, financé par les Certificats d’économies d’énergie (CEE) depuis octobre 2023, vient quant à lui d’être suspendu par la ministre de l’Énergie, Olga Givernet.
En effet, le Gouvernement soupçonne des fraudes importantes sur ce dispositif d’aide à l’achat de thermostats connectés. En septembre 2024, la Cour des comptes avait déjà mis en évidence les fraudes massives qui entachent le dispositif des CEE.
La ministre a annoncé un renforcement des contrôles avant d’envisager le rétablissement du dispositif, qui pouvait couvrir jusqu’à 80 % du coût de l’installation.
Les thermostats connectés, qui permettent de réduire jusqu’à 15 % la facture de chauffage des foyers, selon les chiffres de l’ADEME (l’agence de la transition écologique), doivent devenir obligatoires dans tous les logements à partir de 2027.
Simplification du label RGE : le travail continue
Le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) délivré aux professionnels du bâtiment, et obligatoire pour toucher les aides de l’État, devrait poursuivre sa simplification en 2025, a également promis Valérie Létard.
Un enjeu de taille, selon Hello Watt : les démarches administratives doivent être simplifiées, les délais d’instruction raccourcis, et les critères devenir plus transparents.
Aucun commentaire
Ecrire un commentaire