Neutralité carbone : quel bilan à ce jour ?

Neutralité carbone : une opportunité pour l’électricité verte ? En février dernier, la Loi sur la transition énergétique (LTE) de 2015 avait subi un certain changement, proposant d’arriver à la neutralité carbone en 2050, plutôt que de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Une révision qui a fait beaucoup parler d’elle, lors de sa présentation au Cese (Conseil économique, social et environnemental). Même si cela paraît plus ambitieux, beaucoup dénoncent son caractère flou et estiment que c’est un moyen de ne pas donner d’objectif précis à moyen et long terme. Qu’en est-il 9 mois plus tard ?

neutralité carbone

Neutralité carbone, qu'est-ce que c'est ?

Pour commencer cet article sur des bases solides, définissons ce qu’est la neutralité carbone. Je fais donc appel pour cela au professeur Jean Cékelkechoz 🤓. La neutralité carbone, c’est le point d’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine et leur retrait de l’atmosphère par l’homme. Elle peut aussi être appelée zéro émissions nettes (zen). Comme son nom l’indique, cette neutralité concerne principalement le CO2. Certains fournisseurs de biogaz proposent par exemple des offres de gaz compensé carbone. Merci professeur.

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Une correction qui divise

La modification de la loi sur la transition énergétique fait donc débat sur plusieurs points. Quand certains félicitent l’ambition du projet, d’autres estiment que c’est là un moyen d’obscurcir l’objectif de la neutralité carbone. Les différents partis s’entendent cependant sur un point : le manque de données chiffrées dans les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Que reproche-t-on à l’objectif de neutralité carbone ?

Un des problèmes soulevés par la neutralité carbone, tient dans cette absence de chiffres. Ce principe, en théorie, permet de continuer à émettre la même quantité de CO2, tant que celle-ci est neutralisée. En d’autres termes, on ne cherche pas à trouver d’alternatives pour polluer moins, mais on cherche à trouver une solution pour pouvoir continuer à polluer autant : une solution difficilement viable à long terme. Le ministère de la Transition Écologique et Solidaire est, de son côté, optimiste et croit au scénario du projet de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) de décembre 2018. Celui-ci entend pouvoir, s’il est parfaitement respecté, réduire les émissions de GES de 560 millions de tonnes en 1990, à 810 millions en 2050. Cela reviendrait à une réduction de plus de 87%, contre 75% pour le premier objectif de la LTE.

Enfin, il est aussi reproché à cet objectif de neutralité carbone d'encourager l’utilisation d’énergie ne dégageant pas de CO2, comme par exemple … le nucléaire, qui bien que relativement propre en GES, l’est moins en terme de pollution “globale”.

Puit de carbone : l’outil principal

L’objectif zéro émissions nettes est rendu possible grâce à ce que l’on appelle des puits de carbone. Il en existe des naturels, avec les forêts, les sols, les océans, sans intervention quelle qu’elle soit de l’Homme ; et industriels, des actions mises en place par l’Homme.

Ces deux procédés ont cependant des inconvénients assez importants :

  • Naturel : l’écosystème est dégradé en permanence par la déforestation ou la pollution des sols, des actions humaines qui diminuent considérablement leur impact sur l’absorption du CO2

  • Industriel : les procédés de séquestration du CO2 sont encore en pleine recherche et en plein développement, et pour beaucoup de systèmes, leur viabilité économique et écologique n’est pas encore prouvée.

À cela s’ajoute un problème de surface : que le puit soit naturel ou industriel, les superficies nécessaires sont considérables, et c’est là un des principaux obstacles à la neutralité carbone. En France par exemple, les bois et forêts représentent 31% du territoire (source : IGN), et séquestre chaque année près de 12% des émissions de gaz à effet de serre du pays (source : CODIFAB). Un chiffre encourageant, mais qui montre bien la difficulté de tout faire reposer sur nos forêts, et surtout l’importance de réduire nos émissions.

Les actions mises en place pour la neutralité carbone

Une prise de conscience des compagnies aériennes

Quelques entreprises ont commencé à mettre en œuvre des actions de réduction des émissions de GES, via des programmes dédiés. Dans l’aviation, la compagnie australienne Qantas a annoncé le 11 novembre dernier sa volonté d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle fait suite à une annonce similaire de la part de son homologue britannique, British Airways, qui avait annoncé sa volonté de diviser par 2 son empreinte carbone. Qantas investit donc la somme de 50 millions de dollars australien (31 millions d’euros) sur 10 ans afin d’améliorer et de rendre plus verte l’industrie aérienne. L’année passée, les avions ont libéré 918 millions de tonnes de CO2 dans l’air, soit une augmentation de 32% en seulement 5 ans (source : Le Monde). Le programme de Qantas prend donc tout son sens, d’autant plus que le nombre de voyageurs tant à progresser.

La F1 vers la neutralité carbone

En ce début de mois de novembre, les déclarations vont bon train ! Après l’aviation, c’est au tour de l’automobile, et plus précisément de la Formule 1, d’annoncer sa volonté d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Cela se traduit à la fois par une amélioration des technologies utilisées dans les voitures, mais aussi dans les usines des écuries et dans la logistique autour des courses. Cette dernière mesure compte d’ailleurs atteindre la neutralité d’ici 2025. Cela se traduit par plusieurs améliorations externes aux courses :

  • Changements dans les déplacements vers les différents circuits

  • L’utilisation de matériaux durables, écologiques et en favorisant le recyclage

  • D’inciter les écuries à l’utilisation des énergies renouvelables dans leurs usines, bureaux et installations

Bien que la F1 soit un représentant d’un sport et d’un moyen de transport polluant, c’est une industrie relativement bénéfique pour la société. Le PDG de la Formule 1, Chase Carey, explique d’ailleurs qu’elle est responsable de nombreuses améliorations des équipements automobiles. Notamment des moteurs hybrides qui sont les plus performants du secteur, et qui sont par la suite réutilisés dans les productions de voitures de tourisme. Un secteur qui semble pouvoir apporter sa pierre à l’édifice.

Des projets efficaces à petites échelles

En France, c’est la collectivité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui lance un vaste projet, chiffré à 3 millions d’euros sur 2 ans, de végétalisation des zones urbaines. Le 12 novembre dernier, le président du territoire a annoncé vouloir planter 1 million d’arbres d’ici 2021, qui a pour but :

  • La progression de l’écomobilité

  • D’atteindre la neutralité carbone

  • De devenir moteur de croissance

  • La préservation du patrimoine naturel

  • D’améliorer la qualité de vie du territoire

Concrètement, cela se traduit par l’intégration d’au moins 20% d’espaces végétalisés dans chaque projet urbain. Les fonds débloqués permettront notamment d’aider les propriétaires forestiers, les communes, les établissements scolaires et les associations. Un projet simple, qui prouve qu’il est possible de mettre en place des actions efficaces à court terme.

Quelles possibilités à notre échelle ?

Vous n’avez peut-être pas les moyens d’une grande entreprise ou d’une région, mais vous pouvez aussi agir à votre niveau. Il existe en France de nombreux fournisseurs d’énergie verte, proposant des offres à des prix plus bas que ceux proposés par EDF et Engie. En parallèle, sachez que les petits gestes du quotidien permettent aussi de faire de véritables économies d’énergie et donc de soulager la planète si chacun y met du sien. Consultez notre article sur les éco-gestes pour savoir comment vous y prendre. Pour découvrir toutes les offres vertes, vous pouvez utiliser notre comparateur de fournisseurs d’énergie, ou contacter directement nos conseillers en énergie. Ils sont à votre disposition du lundi au vendredi de 8h00 à 21h00 et le samedi de 9h00 à 19h00, au 09 75 18 60 60 (appel non-surtaxé).