Les énergies renouvelables font-elles baisser votre facture d'électricité ?
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Dans son rapport publié en septembre 2026, la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) estime que les capacités renouvelables installées entre 2020 et 2025 ont fait baisser le prix de gros de l'électricité d'environ 20 €/MWh. Cela représente près de 8 milliards d'euros d'économies par an pour les consommateurs, mais dans le même temps, elles coûtent 2,7 milliards d'euros de plus au système électrique.
En résumé
- D’après la CRE, les capacités de production d’énergies renouvelables installées depuis 2020 ont fait baisser le prix de marché d'environ 20 €/MWh.
- Cela représente environ 8 milliards d’euros d'économies par an sur les factures des Français.
- En contrepartie, elles augmentent les coûts du système de 2,7 milliards par an, soit +5 %.
- En cas de crise sur le gaz et le nucléaire, elles deviennent un gain net pour la collectivité.
- Selon la CRE, continuer à en installer reste rentable pour le consommateur, jusqu'à un certain point.
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Ce que la France a installé entre 2020 et 2025
Le parc renouvelable français s'est transformé en cinq ans, porté principalement par le solaire.
|
Filière |
2020 |
2025 |
Évolution |
|---|---|---|---|
|
Solaire |
10,9 GW |
30,7 GW |
+183 % |
|
Éolien terrestre |
17,6 GW |
24,1 GW |
+37 % |
|
Éolien en mer |
0,01 GW |
2,0 GW |
- |
|
Biomasse |
1,23 GW |
1,42 GW |
+16 % |
Source : CRE, rapport de septembre 2026
Dans le même temps d'autres capacités disparaissaient :
- les centrales à charbon du Havre et de Gardanne ont fermé, soit 1,2 GW en moins ;
- la centrale nucléaire de Fessenheim a été arrêtée, soit 1,8 GW ;
En plus de la hausse des capacités de production renouvelables, le réacteur Flamanville 3 (EPR) a été mis en service, pour une capacité de 1,6 GW. Le résultat est une situation de surcapacité, dans un pays dont la consommation n'a pas retrouvé son niveau d'avant 2022.
Le saviez-vous ?
On entend souvent que les renouvelables n'apportent rien lors des pointes de consommation hivernales, mais c’est inexact. RTE (Réseau de transport de l’électricité) considère qu'une partie de leur puissance est toujours disponible :
- 5 % pour le solaire ;
- 15 % pour l'éolien terrestre.
- 30 % pour l'éolien en mer.
Au total, les capacités installées depuis 2017 apportent 3,7 GW de puissance garantie aux heures de pointe.
Les renouvelables font économiser 8 milliards d'euros par an
Pour mesurer leur effet réel, la CRE a imaginé l'année 2025 avec un modèle théorique, en comparant deux situations :
- le parc réellement installé en 2025 ;
- celui qui existait en 2020.
Le résultat est sans appel : le prix de marché moyen ressort à 61,3 €/MWh avec le parc actuel, contre 80,9 €/MWh avec le parc de 2020. Ce coût, une fois ramené aux 446 TWh consommés en France en 2025, représente environ 8 milliards d'euros d'économies sur l’année.
Ceci s’explique par le fait que le solaire et l'éolien ne coûtent presque rien à faire fonctionner une fois construits, car ils n'utilisent aucun combustible et ne nécessitent pas d'achat de CO₂. Ils sont donc appelés en premier sur le marché de gros et repoussent l’utilisation de centrales à gaz, beaucoup plus chères. Moins d'heures avec un prix fixé par le gaz, signifie des prix plus bas et moins volatils.
Le revers : 2,7 milliards d'euros de coûts en plus
Ce gain a tout de même un coût. Les mêmes simulations de la CRE montrent que le système électrique coûte plus cher avec les renouvelables installées depuis 2020 : 48,0 milliards d'euros contre 45,3 milliards, soit +2,7 milliards.
|
Effet du développement des EnR depuis 2020 |
Montant annuel |
|---|---|
|
Coûts des installations renouvelables |
+3,1 Mds€ |
|
Renforcement et raccordement du réseau |
+0,4 Md€ |
|
Marge perdue sur les exportations |
+0,5 Md€ |
|
Économies sur les centrales à gaz et charbon |
-0,5 Md€ |
|
Économies sur le parc nucléaire |
-0,1 Md€ |
|
Recettes supplémentaires aux frontières |
-0,7 Md€ |
|
Solde |
+2,7 Mds€ |
Source : CRE, rapport de septembre 2026
Ce surcoût reste limité face aux 8 milliards d'économies, mais il n’impacte pas tout le monde de la même façon, et c'est là qu’il y a débat :
- les consommateurs sont les grands gagnants, puisqu'ils profitent de la baisse des prix ;
- les producteurs qui vendent sans aide publique voient leurs revenus baisser, sans aucune compensation ;
- l'État paie davantage de soutien aux renouvelables. En 2025, il a versé 6,2 milliards d'euros d’aides, financés par le budget public.
Il ne faut pas non plus négliger le bénéfice climatique, avec 4,7 millions de tonnes de CO₂ évitées en France, et 7 millions de tonnes supplémentaires non émises chez nos voisins européens grâce aux exportations.
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Les renouvelables amortissent le choc en cas de crise
La CRE a également simulé l'année 2025 en imaginant trois scénarios de crise.
|
Scénario simulé |
Baisse du prix |
Gain consommateur |
Surcoût système |
|---|---|---|---|
|
Flambée des prix du gaz, comme en 2022 |
-41,4 €/MWh |
-18 Mds€ |
+1,6 Md€ |
|
Forte indisponibilité du parc nucléaire |
-7,3 €/MWh |
-2,3 Mds€ |
+0,9 Md€ |
|
Crise simultanée gaz et nucléaire |
-27 €/MWh |
-11 Mds€ |
-1,6 Md€, soit un gain |
Source : CRE, rapport de septembre 2026
Dans le scénario le plus difficile, similaire à la crise de 2022, le parc renouvelable de 2025 rend le système moins coûteux pour la collectivité qu'un parc resté au niveau de 2020 d’après les simulations de la CRE. Les économies réalisées sur les importations (3,2 milliards) et sur les centrales à gaz (2,1 milliards) dépassent le surcoût des installations de renouvelables.
Le saviez-vous ?
Lorsque les prix de marché dépassent le prix garanti aux installations aidées par l’État, celles-ci lui reversent la différence. Dans cette situation, le soutien aux renouvelables devient alors une recette pour le budget public, et non une dépense. C'est exactement ce qui s'est produit en 2022, au plus fort de la crise énergétique.
Faut-il continuer à en installer ?
À cette question, la CRE répond en deux temps :
- à court terme, oui. Le raccordement des seuls projets déjà autorisés et financés ferait passer le solaire à 40,7 GW, l'éolien terrestre à 27,1 GW et l'éolien en mer à 3,5 GW. L’effet attendu est une baisse de 8,7 €/MWh sur le prix de marché, soit 3,9 milliards d'euros de gain pour les consommateurs, contre 2,6 milliards de soutien public supplémentaire ;
- un scénario plus ambitieux, avec +50 % de puissance installée par filière, donnerait -19,4 €/MWh et 8,7 milliards d'euros de gain, pour 6,5 milliards de soutien public.
Dans les deux cas, le gain pour le consommateur reste supérieur au coût pour le budget de l'État, y compris si la consommation française ne repart pas rapidement.
La limite du développement des renouvelables
La CRE estime qu’au-delà d'une hausse de 50 % de la puissance installée par rapport à fin 2025, et si la consommation française stagnait durablement, la situation ne serait plus soutenable. Les gains pour les consommateurs ne compenseraient plus la hausse des coûts et les transferts entre acteurs.
Le rapport pointe aussi un risque de baisse des revenus d’EDF et donc de la rentabilité du parc existant. Un tel cas de figure pourrait affecter les décisions d'investissement dans le nouveau nucléaire avec des effets délétères sur le parc à long terme.
Pour profiter des renouvelables : électrifier et piloter
La recommandation finale de la CRE est simple : il faut rapprocher les moments où l'on produit et ceux où l'on consomme. Deux solutions sont évoquées pour y parvenir :
- électrifier davantage d'usages pour absorber une production qui ne trouve aujourd'hui pas toujours preneur. En 2025, 3 TWh de production solaire et éolienne ont été volontairement bridés et 33 TWh de production nucléaire mis en veille, faute de demande au bon moment ;
- agir sur les horaires de consommation. C'est entre autres l'objet de la réforme des heures creuses, qui déplace une partie des heures creuses en début d'après-midi, entre 11h et 17h, au moment où le solaire produit le plus.
Le calendrier de cette réforme est en cours. Sur les 14,5 millions de foyers en option Heures Pleines/Heures Creuses (HP/HC), 11 millions verront leurs plages horaires évoluer entre novembre 2025 et octobre 2027. La phase principale débutera en décembre 2026, avec 9,3 millions de clients concernés.
À l'arrivée, 90 % des foyers en option HP/HC auront jusqu'à 3 heures creuses l'après-midi et au minimum 5 la nuit, contre 40 % avant la réforme.
Enfin, piloter vos équipements de chauffage, la recharge de votre voiture électrique ou votre injection solaire avec l’application Hello Watt, vous permet :
- de consommer au moment où l’électricité est la moins chère ;
- de soutenir le réseau électrique français ;
- d’être rémunéré pour cela.
Avez-vous la bonne option tarifaire ?
Le gain dépend de votre capacité à déplacer vos consommations : il faut pouvoir en décaler 26 à 28 % en heures creuses pour que l'option soit rentable. Selon l'analyse menée sur les données des utilisateurs de l’app Hello Watt, 6,1 millions de ménages, soit 20 % des foyers, ne sont pas sur la bonne option.
L'application Hello Watt analyse gratuitement les données de votre compteur Linky et vous dit en quelques secondes si votre option tarifaire est adaptée à vos habitudes de consommation.
HP/HC ou base : avez-vous la bonne option tarifaire ?
20 % des Français n'ont pas choisi l'option la plus économique. L'app Hello Watt fait le calcul sous votre graphique de consommation.
Article rédigé et vérifié par un expert énergie Hello Watt
Simon rejoint Hello Watt en 2023 pour informer les consommateurs sur les marchés de l’électricité et du gaz. Sensible aux thématiques du développement durable, il met son expertise de l’énergie au service des ménages souhaitant réaliser des économies et réduire leur empreinte carbone. Lire plus sur Simon Desimpel
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