La France abandonne la rénovation énergétique : votre projet de travaux menacé ?
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La publication de la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC) vendredi 12 décembre a provoqué une vive polémique dans le secteur de la rénovation énergétique. En cause ? La baisse des objectifs de rénovation énergétique.
Moins d'isolation, plus de pompes à chaleur
Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le secteur du bâtiment (responsable de 15 % des émissions nationales) doit impérativement réduire son empreinte de 60 % en 2030 et de 97 % en 2050. La troisième SNBC préconise ainsi :
- la réalisation de 250 000 rénovations globales (ou d’ampleur) par an, contre les 600 000 prévues dans la précédente SNBC. L’État invoque un manque de main-d'œuvre qualifiée : en 2024, la moitié du budget prévu n'a pas pu être dépensée faute d'artisans disponibles ;
- la priorité aux gestes uniques (isolation des combles, changement d’une fenêtre ou du système de chauffage, par exemple) avec 450 000 rénovations prévues ;
- l’installation de 8,8 millions de pompes à chaleur (PAC) d'ici 2030, avec une pose encouragée même dans les passoires thermiques.
L'objectif final reste l'éradication des passoires thermiques entre 2035 et 2040 et la disparition progressive des chaudières au fioul (-60 %) et au gaz (-20 %) d’ici 2030.
Une stratégie qui fait polémique
Ce virage suscite une levée de boucliers chez les acteurs de la rénovation énergétique (collectif Rénovons, négaWatt, Coénove ou encore le réseau Cler). Ils dénoncent un "renoncement majeur" aux ambitions initiales et critiquent l'abandon de l'objectif d'un parc BBC (Bâtiment basse consommation) en 2050.
Les professionnels critiquent particulièrement la priorité accordée aux pompes à chaleur au détriment de l'isolation. Le risque est triple :
- une facture d'électricité qui explose pour les ménages ;
- une précarité énergétique qui se poursuit ;
- une efficacité écologique limitée, car on ne traite pas le problème à la racine (les fuites de chaleur).
Les CEE comme alternative ?
Face aux critiques sur le financement, certains acteurs comme Édouard Barthès du syndicat Symbiote proposent de renforcer le rôle des certificats d'économie d'énergie (CEE), jugés plus stables que MaPrimeRénov'. Ce dispositif, financé par les fournisseurs d'énergie et non par l'État, offrirait une visibilité budgétaire sur 5 ans pour aider les Français à rénover.
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