DPE : quel est le poids de l'énergie dans le budget d'un projet immobilier ?
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L'étiquette énergie d'un logement n'est pas une simple information affichée en bas d'une annonce : elle conditionne le prix d'achat, le montant des charges et le délai de vente ou de mise en location du bien.
En résumé
- Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) pèse directement sur le prix d'achat d’un bien immobilier.
- Un logement énergivore coûte plus cher à chauffer et perd de la valeur locative, puisque la loi interdit toute hausse de loyer pour les classes F et G.
- Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués, et un audit énergétique est obligatoire à la vente dès la classe E.
- Pour un achat rentable, mieux vaut raisonner en coût global (prix + travaux + aides) plutôt que sur le seul prix affiché.
Comment le DPE influence le budget d'un achat immobilier ?
Le DPE dépasse le cadre informatif, il pèse désormais lourdement sur le prix d'acquisition et sur l'enveloppe globale d'un projet immobilier.
La décote ou la surcote selon l'étiquette énergie
L'écart de prix entre un logement performant et une passoire thermique est considérable. Selon une étude des Notaires de France publiée en 2026 et portant sur les transactions de 2024 :
- les appartements anciens classés G se vendent en moyenne 12 % moins cher que ceux de classe D ;
- la décote pour les maisons de classe G atteint en moyenne 25 % par rapport à une classe D équivalente.
À l'inverse, un bien noté positivement bénéficie d'une plus-value verte : en 2024, les appartements d'étiquette A se sont vendus environ 16 % plus cher que ceux de classe D.
Un impact variable selon les territoires
La décote d’une passoire F ou G oscille entre 5 % et plus de 20 % selon les régions. Si la forte demande amortit la baisse en zone tendue, la chute des prix s'accentue nettement sur les marchés ruraux ou détendus.
L’étiquette énergie : un indice sur le coût des travaux de rénovation à venir
L'étiquette énergie renseigne sur l'ampleur du chantier à prévoir. Pour un logement énergivore, l'acheteur doit intégrer un budget travaux conséquent dès son plan de financement.
Le calendrier réglementaire incite à voir au-delà du strict minimum. Une rénovation qui ferait passer un logement d’une étiquette G à F en 2025 nécessiterait de nouveaux travaux en 2028, d'où l'intérêt de viser directement une classe D ou C.
Le saviez-vous ?
Un logement est considéré comme une passoire thermique dès la classe F, soit :
- une consommation comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an en énergie primaire ;
- ou des émissions entre 71 et 100 kg CO2eq/m²/an.
La note finale retenue est toujours la moins favorable des deux critères.
Quel impact a l'étiquette énergie sur les charges ?
L’étiquette énergie conditionne directement le budget de fonctionnement et, pour un investisseur, la rentabilité locative du bien.
La facture énergétique annuelle estimée
Le DPE affiche désormais une estimation des dépenses énergétiques annuelles, exprimée en fourchette. Cette information permet à l'acheteur d'anticiper le poids :
- du chauffage ;
- de l'eau chaude ;
- de la ventilation.
En pratique, un logement classé G peut coûter deux à trois fois plus cher à chauffer qu'un logement classé D équivalent.
L'impact du classement sur la valeur locative
Pour un bailleur, l'étiquette énergie pèse aussi sur les revenus locatifs. La loi interdit toute revalorisation du loyer pour les logements F et G, que ce soit au renouvellement du bail ou entre deux locataires.
Cette contrainte réduit mécaniquement le rendement d'un bien mal classé et renforce l'intérêt d'une rénovation pour préserver son potentiel locatif.
Les contraintes réglementaires qui pèsent sur le budget
La loi Climat et Résilience a instauré un cadre contraignant qui transforme l'étiquette énergie en variable budgétaire incontournable.
Le calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques
Le calendrier d'interdiction de location s'applique de façon progressive en France métropolitaine :
- les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 ;
- les logements classés F le seront à partir du 1er janvier 2028 ;
- les logements classés E à partir du 1er janvier 2034.
À ce jour, il n'existe pas de mécanisme d'amende automatique, la sanction est essentiellement civile, à l'initiative du locataire.
L'audit énergétique obligatoire pour la vente
Vendre un bien énergivore exige d’effectuer un audit énergétique avant sa mise sur le marché, pour identifier les travaux à mener et chiffrer leur coût. Requis pour les classes F et G depuis le 1er avril 2023, ce document s’applique aussi à la classe E depuis le 1er janvier 2025.
En chiffrant précisément les rénovations à mener, l’audit alourdit les frais du vendeur et offre à l’acheteur un redoutable levier de négociation.
Comment intégrer le DPE dans le calcul de rentabilité d'un projet ?
Pour trancher entre acheter en l’état, rénover ou renoncer, il faut adopter une approche en coût global. L’étiquette énergie doit être considérée comme une variable financière clé, au même titre que le prêt immobilier et son assurance.
Le coût global incluant énergie et travaux
La bonne méthode consiste à raisonner sur le coût total et non sur le prix affiché. Il faut ainsi comparer :
- le prix d’une vente après travaux, déduction faite du coût du chantier et des aides perçues ;
- le prix d’une vente en l’état.
Gardez à l'esprit que réaliser les travaux avant la vente annule la décote immobilière et peut générer une plus-value grâce à la « valeur verte ». Le seul risque réside dans l’avance de trésorerie et les délais de réalisation.
Bon à savoir
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9, faisant baisser d'environ 17 % la consommation d'énergie primaire affichée. En conséquence, de nombreux logements chauffés à l'électricité gagnent une classe au DPE sans avoir besoin de réaliser de travaux.
Le poids de l'assurance emprunteur dans le financement
Souvent négligée, l'assurance de prêt (décès, invalidité, incapacité) peut pourtant représenter jusqu'à 30 % du coût total du crédit. Son taux varie de 0,05 à 0,70 % selon le profil de l'emprunteur (âge, santé, tabagisme).
Pour éviter de payer trop cher, connaître le prix moyen d'une assurance de prêt immobilier selon le profil de l’emprunteur permet d’arbitrer efficacement entre le contrat de groupe de la banque et une délégation d’assurance externe. À garanties équivalentes, faire jouer la concurrence peut faire économiser jusqu’à 18 000 €.
L’anticipation : la clé d’un budget sécurisé
Réaliser une simulation de prêt immobilier avec assurance dès le montage du dossier permet d’intégrer cette charge au budget global. Et si l'achat est déjà finalisé, rien n'est perdu : la loi Lemoine vous autorise à changer d’assurance à tout moment et sans frais.
Les aides financières qui allègent la facture
Plusieurs dispositifs peuvent réduire le reste à charge d’un projet de rénovation et ainsi améliorer l'équation de rentabilité :
- MaPrimeRénov' Parcours accompagné prend en charge jusqu'à 80 % du coût HT des travaux pour les ménages très modestes ;
- la prime CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) ;
- l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), jusqu’à 50 000 € sans intérêts ;
- la TVA au taux réduit de 5,5 % (au lieu des 20 % habituels).
Attention
À partir du 1er janvier 2027, les maisons individuelles dont le DPE affiche une étiquette F ou G n'auront plus accès à MaPrimeRénov' Parcours par geste. Elles resteront cependant éligibles au parcours accompagné.
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