Gard et Bouches-du-Rhône : allez-vous manquer d'électricité à cause des oiseaux ?
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Le projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts reliant Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) se heurte à un obstacle majeur : la présence d’espèces d’oiseaux protégées sur son tracé.
Prévue pour accompagner la hausse de la demande électrique et la décarbonation de la zone industrielle de Fos-Berre (deuxième zone industrielle la plus polluante de France), l’infrastructure doit s’étendre sur 65 km et compter 180 pylônes de 50 à 90 mètres. Elle alimenterait notamment des projets industriels stratégiques (hydrogène, acier bas carbone, data centers).
Or, une note confidentielle de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) d’Occitanie datée du 6 novembre identifie des "risques significatifs" pour cinq espèces d'oiseaux protégées, dont l'aigle de Bonelli, l'Outarde canepetière et surtout le Ganga cata, en danger critique d'extinction en France.
Ce dernier niche uniquement dans cette zone de Camargue, à l’ouest de la plaine de la Crau. Selon la Dreal, “le projet ne paraît pas réunir les conditions légales compte tenu du risque d’extinction” que ferait peser la ligne sur cette unique population nicheuse française.
Pour contourner ces obstacles environnementaux, il faudrait enterrer une partie de la ligne, solution dix fois plus coûteuse selon le Réseau de Transport d'Électricité (RTE). La commission du débat public doit rendre ses conclusions mi-décembre, alors que le tracé devait initialement être validé en 2026 pour atteindre l'objectif de décarbonation du port de Fos-sur-Mer d'ici 2030.
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