MaPrimeRénov' : ce qui change au 1er septembre 2026
- Messenger
- Copier le lien
Isoler ses combles, sa toiture ou ses fenêtres ne sera plus financé en tant que geste isolé par MaPrimeRénov' à partir du 1er septembre 2026, tout comme plusieurs équipements de chauffage ou de ventilation. Les travaux d’isolation restent toutefois aidés par d'autres dispositifs, et gardent leur intérêt pour le confort du logement. La pompe à chaleur air-eau, elle, est financée sans changement, confirmant la priorité donnée par le gouvernement à l’électrification des usages des foyers français.
En résumé
- L'isolation des combles, de la toiture et des fenêtres sort du parcours MaPrimeRénov' par geste au 1er septembre 2026, sous réserve du décret d’application.
- La pompe à chaleur air-eau est l'un des gestes les mieux soutenus par MaPrimeRénov' et permet, selon les données exlusives d'Hello Watt, d’économiser 62 % de consommation de chauffage en remplacement d’une chaudière à gaz.
- Les travaux d’isolation peuvent toujours être financés via les CEE (Certificats d’économies d’énergie) en geste isolé ou via MaPrimeRénov’ dans le cadre d'une rénovation d'ampleur.
- Les données Hello Watt montrent que l'isolation thermique garde son intérêt pour le confort et la salubrité du logement.
La fin des aides pour l’isolation par geste
Combles, toits, fenêtres exclus du parcours par geste
Le ministère du Logement a annoncé, le 28 juin 2026, qu'il allait réduire la liste des travaux financés par MaPrimeRénov' par geste. L'isolation des combles et des toitures, ainsi que le remplacement des fenêtres, ne seront plus financés lorsqu'ils sont réalisés seuls, à partir du 1er septembre 2026.
L'isolation des murs avait déjà quitté ce dispositif le 1er janvier 2026. La réforme prévue pour septembre étend donc ce mouvement aux combles, aux toitures et aux fenêtres.
Le décret et l'arrêté devant officialiser cette réforme ont été présentés le 2 juillet 2026 au Conseil national de l'habitat, qui a rendu un avis défavorable à titre consultatif. Cet avis ne bloque pas la réforme, mais la version définitive du texte et la date d'entrée en vigueur ne seront fixées qu'à la publication du décret au Journal officiel.
D'autres travaux concernés par la réforme
La réforme retire aussi du parcours par geste la ventilation, les poêles à bois ou à granulés, les chauffe-eaux solaires et les chauffe-eaux thermodynamiques. Ces travaux restent cependant finançables dans le cadre d'une rénovation d'ampleur.
L’isolation toujours financée par le parcours rénovation d’ampleur
Les travaux d’isolation restent éligibles à MaPrimeRénov’ dans le cadre du parcours rénovation d’ampleur, dès lors qu'ils s'inscrivent dans un programme plus large. Pour en bénéficier, le projet doit respecter plusieurs conditions :
- comprendre au moins 2 actions d'isolation thermique ;
- permettre un gain d'au moins 2 classes sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) ;
- concerner un logement classé E, F ou G au DPE avant travaux ;
- porter sur un logement construit depuis au moins 15 ans ;
- être occupé comme résidence principale au moins 8 mois par an ;
- opter pour un chauffage décarboné.
Décarbonation : la fin du chauffage au gaz
À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, il sera interdit de conserver ou d'installer un chauffage au gaz à l'issue des travaux Ce système devra obligatoirement être remplacé par un chauffage décarboné, comme une pompe à chaleur air-eau.
Le parcours rénovation d’ampleur débute par un rendez-vous obligatoire avec un conseiller France Rénov'. Ce dernier oriente ensuite le demandeur vers un MAR (Mon Accompagnateur Rénov'), dont l’accompagnement est lui aussi obligatoire. Ce tiers de confiance agréé est chargé de réaliser l'audit énergétique et d’assurer le suivi administratif et opérationnel du dossier.
La pompe à chaleur reste l’un des derniers gestes financés par MaPrimeRénov'
Jusqu'à 10 800 € pour une pompe à chaleur air-eau
Le cumul de MaPrimeRénov' et de la prime CEE peut atteindre 10 800 € pour les ménages très modestes installant une pompe à chaleur air-eau (PAC air-eau) seule. Ce montant varie en fonction des revenus du foyer :
|
Profil de revenus |
MaPrimeRénov' |
Prime CEE |
Total |
|---|---|---|---|
|
Très modestes |
5 000 € |
5 800 € |
10 800 € |
|
Modestes |
4 000 € |
5 000 € |
9 000 € |
|
Intermédiaires |
3 000 € |
4 200 € |
7 200 € |
|
Supérieurs |
Non éligible |
5 045 € |
5 045 € |
Montants maximum pour l’installation d’une PAC air-eau seule en juillet 2026
Bon à savoir
Une fois MaPrimeRénov’ et la prime CEE déduites, le reste à charge moyen s'établit à 6 450 €, ce qui permet de rentabiliser l'installation d’une PAC air-eau en 7 ans en moyenne.
Un impact direct sur vos factures et la valeur de votre bien
Selon les données mesurées par Hello Watt, une PAC air-eau réduit la consommation de chauffage de 62 % en moyenne, en remplacement d'une chaudière à gaz, soit une économie d'environ 886 € par an pour un foyer type.
2,6 fois moins d’énergie consommée
Concrètement, l'installation d’une PAC air-eau fait baisser la consommation de gaz de 11 600 kWh/an, tout en augmentant l'électricité de 4 400 kWh/an. Elle consomme ainsi 2,6 fois moins d'énergie que la chaudière à gaz remplacée.
Hello Watt mesure aussi une réduction des émissions de CO₂ de 85 %, soit près de 2 tonnes évitées par an et par logement.
L'installation d’une PAC air-eau améliore par ailleurs le DPE du logement d'une à deux classes, un gain qui pèse directement sur sa valeur lors d'une revente ou d'une mise en location.
Une solution de référence pour les deux parcours MaPrimeRénov'
Avec la sortie du gaz imposée en rénovation d'ampleur et le recentrage du parcours par geste sur le chauffage performant, la pompe à chaleur s'impose comme la solution de référence sur les deux parcours MaPrimeRénov' (parcours par geste et parcours rénovation d’ampleur).
Le gouvernement appuie cette dynamique avec un pacte signé le 25 mai 2026 visant 1 million de PAC produites par an d'ici 2030.
Pourquoi les travaux d’isolation restent-ils avantageux ?
Des travaux essentiels pour le confort et la salubrité
L'isolation apporte un bénéfice non visible sur la facture mais bien réel : le confort de vie. Avant travaux, un logement mal isolé coûte cher à chauffer, ce qui oblige beaucoup d'occupants à réduire leur chauffage pour limiter la facture, quitte à vivre dans le froid.
Les données mesurées par Hello Watt
Une maison de 100 m² classée G au DPE devrait consommer plus de 22 000 kWh par an selon le calcul conventionnel du DPE. Hello Watt observe une consommation réelle bien inférieure, autour de 11 000 kWh par an pour ce type de logement. Beaucoup d'habitants de passoires thermiques font donc le choix de sous-chauffer leur logement pour éviter l’explosion de leurs factures d’énergie.
Une fois les travaux d’isolation réalisés, les occupants peuvent enfin chauffer leur logement normalement, sans craindre le montant de la facture. Cela explique pourquoi les économies mesurées après isolation paraissent parfois modestes : une partie du bénéfice ne se traduit pas en euros économisés, mais en confort retrouvé.
Des travaux éligibles à la prime CEE
La prime CEE reste mobilisable pour les travaux d’isolation, y compris après leur sortie du périmètre de MaPrimeRénov' Parcours par geste. Versée par les fournisseurs d'énergie, elle est accessible à tous les ménages quel que soit leur niveau de revenus et cumulable avec la TVA réduite à 5,5 % et l'éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro).
Travaux d’isolation : quel reste à charge après déduction de la prime CEE ?
Pour un ménage aux revenus intermédiaires dans une maison de 100 m² :
- l'isolation des combles perdus est accessible dès 1 300 € après déduction des CEE, avec des économies immédiates puisque les combles représentent 20 à 30 % des déperditions thermiques d'un logement ;
- l'isolation des murs par l'extérieur coûte environ 23 000 €, un montant qui rend ce geste plus long à rentabiliser malgré l'aide CEE.
Isolation thermique : des économies d’énergie modestes mais réelles
Hello Watt a mesuré l'impact réel de l'isolation à partir des données Linky et Gazpar de 900 000 logements connectés à son application. L'analyse s'appuie sur un échantillon de 2 500 logements, disposant chacun d'au moins 12 mois de consommation avant et après travaux. Voici les résultats obtenus, par type de travaux d’isolation :
|
Travaux |
Baisse consommation électrique |
Baisse consommation gaz |
|---|---|---|
|
Isolation des combles |
-6 % |
-7 % |
|
Isolation des murs |
-7 % |
-16 % |
|
Changement de fenêtres |
-3 % |
-5 % |
Source : Hello Watt, étude travaux et économies d'énergie post-rénovation
Une étude de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et du Sdes (Service des données et études statistiques), publiée en juillet 2025, confirme ces ordres de grandeur.
Cette réforme confirme le resserrement de MaPrimeRénov' autour des projets globaux et du chauffage décarboné type pompe à chaleur air-eau. La date du 1er septembre 2026 reste indicative à ce stade : le décret n'est pas encore publié, et sa version définitive dépendra de la suite donnée à l'avis défavorable rendu par le Conseil national de l'habitat. Si vous avez un projet de rénovation énergétique en geste isolé, mieux vaut toutefois anticiper le dépôt de votre dossier avant l'entrée en vigueur des nouvelles règles.
Vous souhaitez installer une pompe à chaleur ?
Calculez le montant de vos aides et obtenez un devis gratuit en 2 minutes.
Aucun commentaire
Ecrire un commentaire