Trop d'aides pour le nucléaire français ? L'Europe ouvre une enquête
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La Commission européenne a annoncé le 31 mars 2026 l'ouverture d'une enquête approfondie sur les aides d'État accordées par la France à EDF pour la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2. Bruxelles souhaite s'assurer que ce soutien public respecte les règles de concurrence au sein de l'Union européenne.
L'enquête cible en particulier le prêt bonifié (à taux très avantageux) de l'État, qui couvre jusqu'à 60 % du coût total d'un programme estimé à 72,8 milliards d'euros. Elle porte également sur un mécanisme de contrat sur différence garantissant à EDF des recettes stables pendant 40 ans, avec des compensations publiques lorsque les prix de marché sont trop bas.
Zoom sur le contrat sur différence
C’est un mécanisme de prix garanti : si le prix du marché tombe trop bas, l'État compense la différence pour sécuriser les revenus d'EDF.
La Commission reconnaît la contribution du projet à la sécurité d'approvisionnement et à la décarbonation, mais craint que l'aide ne renforce la position dominante d'EDF.
Cela pourrait aussi créer des distorsions de marché, faussant la concurrence et limitant le choix des fournisseurs pour les consommateurs. Bruxelles insiste : le soutien doit rester « strictement limité à ce qui est nécessaire ».
Et du côté français ?
Le gouvernement juge cette procédure « classique et attendue » pour des dispositifs d'aides complexes, et espère une décision rapide.
La pression est forte : une décision finale d'investissement doit être rendue avant fin 2026, et le « premier béton » du réacteur de Penly, première des trois implantations prévues avec Gravelines et Bugey, est attendu pour fin 2028.
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