Le prix de l’électricité a déjà été négatifs 800 heures en 2026
- Messenger
- Copier le lien
Depuis le début de l'année 2026, le marché français de l'électricité a déjà enregistré environ 800 heures à prix négatifs ou nuls, ce qui est un record absolu. Ce chiffre traduit une volatilité des prix devenue extrême.
Encore plus de soleil !
Avec notre sélection de batteries solaires, consommez votre propre électricité de jour comme de nuit.
Le spread moyen journalier sur le marché spot, c'est-à-dire l'écart moyen entre le prix le plus bas et le prix le plus haut de la journée, atteint 214 €/MWh depuis le début de l'année, un niveau jamais vu depuis 2022. Les prix oscillent en moyenne entre 32 €/MWh au creux et 247 €/MWh au pic, d'après les données de l'observatoire des prix Storio.
Deux phénomènes expliquent cette situation :
- les prix spot day-ahead (du jour pour le lendemain) s'établissent à 143 €/MWh en moyenne depuis janvier, portés par la hausse des prix du gaz, à cause de la guerre entre les États-Unis et l'Iran et du faible niveau des stocks européens avant l'hiver ;
- la production française d'électricité recule. Comparé à septembre 2025, la disponibilité du nucléaire perd 3,7 GW, l'éolien 2,3 GW et l'hydraulique 1,5 GW. Les hausses de 1,8 GW du solaire et de 1 GW du gaz ne comblent pas entièrement ce manque.
Le reflux du nucléaire et de l'hydraulique serait lié à la sécheresse estivale, plusieurs centrales ayant été arrêtées durant l'été. Bien que la France reste exportatrice nette, le volume est en baisse, avec 8 GW depuis le début de 2026 contre 10 GW un an plus tôt.
Un prix négatif apparaît lorsque la production d'électricité disponible dépasse la demande, les producteurs doivent alors payer pour injecter de l'électricité sur le réseau. Ce phénomène augmente, RTE ayant comptabilisé 359 heures de prix négatifs en 2024, contre 147 en 2023.
Le 1er mai 2026, le spot français est descendu jusqu'à -498 €/MWh, un record, sous l'effet d'une demande très faible et d'une flexibilité limitée du parc nucléaire.
Pourquoi ne pas arrêter les centrales quand elles produisent trop ?
Parce que l'arrêt coûte souvent plus cher que le prix négatif. Un réacteur nucléaire met des heures à baisser sa puissance et des jours à redémarrer. De plus beaucoup d'installations solaires et éoliennes touchent un tarif d'achat garanti, quel que soit le prix du marché.
Ces écarts prononcés profitent d'abord aux gros opérateurs de stockage, qui achètent l'électricité au creux pour la revendre au pic. Une batterie industrielle de 1 MW/2 MWh chargeait ainsi à 73 €/MWh en moyenne en septembre 2026 et déchargeait à 232 €/MWh, soit un écart de 159 €/MWh par cycle.
À votre échelle, le principe reste le même. Consommer quand l'électricité est abondante plutôt qu'aux heures de pointe, le matin et en soirée, permet de réduire vos factures, à condition d'avoir un contrat d'électricité en option heures pleines/heures creuses.
C'est le principe de la flexibilité électrique, que l'application Hello Watt automatise grâce à ses fonctionnalités de pilotage, en déclenchant vos équipements aux heures les moins chères :
- le chauffage et la pompe à chaleur ;
- la recharge du véhicule électrique.
Pour un foyer équipé de panneaux solaires, la logique rejoint celle d'une batterie de réseau : utiliser sa production au moment où elle est disponible, plutôt que de la revendre au prix le plus bas.
Article rédigé et vérifié par un expert énergie Hello Watt
Simon rejoint Hello Watt en 2023 pour informer les consommateurs sur les marchés de l’électricité et du gaz. Sensible aux thématiques du développement durable, il met son expertise de l’énergie au service des ménages souhaitant réaliser des économies et réduire leur empreinte carbone. Lire plus sur Simon Desimpel
Domaines d'expertise :
Aucun commentaire
Ecrire un commentaire