Le gaz vert, tout ce qu'il faut savoir sur cette énergie renouvelable

Les offres de biogaz appelé aussi « gaz vert » restent encore peu connues des consommateurs. Pourtant, un nombre croissant de fournisseurs commercialisent des offres de gaz vert et les autorités publiques tentent d’en accélérer le développement en participant au financement de projets de sites de …

Les offres de biogaz appelé aussi « gaz vert » restent encore peu connues des consommateurs. Pourtant, un nombre croissant de fournisseurs commercialisent des …

Les offres de biogaz appelé aussi « gaz vert » restent encore peu connues des consommateurs. Pourtant, un nombre croissant de fournisseurs commercialisent des offres de gaz vert et les autorités publiques tentent d’en accélérer le développement en participant au financement de projets de sites de production. Comment le biogaz est-il fabriqué ? Est-il plus intéressant que les autres énergies renouvelables (éolien, solaire, etc) ? Ses tarifs sont-ils beaucoup plus élevés que ceux du gaz naturel ? Nous vous donnons ici toutes les clés pour comprendre cette nouvelle énergie !

Qu'est ce que le biogaz proposé par certains fournisseurs de gaz vert ?

Qu’est-ce que le biogaz, appelé aussi “gaz vert” ?

Le biogaz, gaz naturel d’origine renouvelable

Le biogaz est un gaz issu de la méthanisation de déchets organiques. Il est ainsi considéré comme une énergie renouvelable.

Ses utilisations sont les suivantes :

  • Les activités domestiques telles que cuisiner et se chauffer : le biogaz pourrait à terme remplacer le gaz naturel injecté dans les réseaux de distribution, car il est plus propre et utilise des ressources renouvelables.

  • Carburant pour les véhicules : on parle de Gaz Naturel pour Véhicules (GNV). Des stations-services existent et sont spécialement destinées à alimenter les véhicules roulant au gaz.

  • La production d’électricité et de chaleur : grâce au processus de cogénération. L’électricité produite est intégrée au réseau de distribution Enedis.

  • Recycler le digestat : détritus très riche produit par le processus de production du biogaz (biométhanisation). Ce résidu peut notamment être utilisé par les agriculteurs comme engrais naturel, assurant une meilleure qualité des récoltes.

Aujourd’hui, le biogaz est plus utilisé comme carburant que comme gaz domestique distribué directement aux foyers et aux entreprises mais cela tend à changer. Les grands distributeurs d’énergie sont séduits par cette nouvelle ressource qu’un nombre croissant d’entreprises et de collectivités consomment. Les offres de fournitures de biogaz se développent ainsi en France, les premières étant apparues en 2016, et les projets de construction de biométhaniseurs utilisés pour la production de biogaz s’accélèrent.

L’origine du biogaz : la biométhanisation

Le biogaz est fabriqué à partir de la fermentation de déchets organiques. Ces déchets sont multiples, notamment issus de :

  • La restauration, des services de collectivités, des ménages (reste de repas, pelures, etc.),

  • L’agriculture (le lisier, le fumier, etc.),

  • L’industrie agro-alimentaire (les graisses animales),

  • Les bassins des stations d’épuration.

Les déchets sont triés et stockés dans un méthaniseur pour les faire fermenter. Ce phénomène de fermentation produit du gaz qui est brut et qui sera ensuite épuré afin d’en obtenir du biométhane. Il est ensuite transféré dans une centrale d’injection de GDRF afin d’être injecté dans les réseaux de gaz de ville. Il peut également être employé comme carburant.

D’autres technologies se développent aujourd’hui pour accélérer la production du biogaz. La gazéification reposera sur la conversion de la biomasse lignocellulosique (obtenu par le bois et la paille) en gaz de synthèse qui est ensuite transformé en biométhane. Cette technique est récente et encore en expérimentation. D’autres professionnels se tournent vers la transformation des microalgues : du fait du réchauffement climatique, les microalgues se multiplient notamment sur les côtes françaises. Elles permettraient de produire du biométhane en grande quantité. Ce procédé est également en développement.

Quels sont les avantages du biométhane ?

En 2017, il existe en France 44 sites générant du biométhane injecté sur les réseaux de gaz naturel et leur développement est nourri par l’intérêt croissant porté par les fournisseurs d’énergie. Le biométhane permettrait en effet à terme de limiter la dépendance aux énergies fossiles.

Il présente plusieurs avantages :

  • Sa composition est très proche de celle du gaz naturel, permettant d’exploiter les installations déjà présentes chez les particuliers et les professionnels pour transporter le biométhane. De plus, sa capacité à être stocké en fait un carburant intéressant,

  • Il permet de recycler les déchets agricoles et assure un complément de revenu pour les éleveurs et céréaliers. Il assure aussi la création de nombreux emplois dans ce nouveau secteur,

  • Sa production elle-même est génératrice de digestat qui peut être utilisé sur les terres agricoles. Non seulement le biométhane ne pollue pas, mais son processus de production est aussi bénéfique car générateur de matière réutilisable.

Les offres de biogaz domestique disponibles sur le marché

Quels fournisseurs proposent aujourd’hui du biogaz ?

Aujourd’hui, trois principaux fournisseurs commercialisent du biogaz à leurs abonnés. Le fournisseur ekWateur propose une offre de biométhane avec un tarif fixé pendant un an et un prix au kWh HT moins cher que les tarifs réglementés. Le gaz fourni est 100% du biométhane d’origine Écossaise.

De la même façon, Direct Energie est un acteur majeur dans le développement des offres de biogaz auprès du grand public : élu meilleur service client en 2018, le fournisseur propose une offre de gaz avec l’assurance de 10% de biométhane d’origine France et un prix au kWh 2% moins cher que les tarifs réglementés HT.

Engie a aussi mis sur le marché une offre de gaz « Mon Gaz Vert » proposant 10% de biométhane d’origine France et un prix au kWh fixé pendant un an. Engie offre la possibilité en prime aux consommateurs de choisir le site de méthanisation qui produira leur gaz vert parmi trois producteurs partenaires.

D’autres fournisseurs ont annoncé travailler au lancement d’offres de biométhane en France, en particulier Enercoop qui a lancé des contrats permettant de souscrire directement auprès de producteurs français de biogaz comme les offres d’électricité de la marque le permettent aujourd’hui.

Grâce aux fournisseurs de gaz vert, on peut utiliser le biogaz pour sa plaque de cuisson

Du biogaz mais pas que ...

En parallèle du biogaz, les fournisseurs de gaz ont pris le tournant des énergies renouvelables et proposent d’autres solutions pour limiter l’impact de leurs activités sur l’environnement. En particulier, ils ont développé le système de compensation carbone du gaz naturel. Comme le carburant pour les voitures, l’extraction de gaz naturel produit des gaz à effet de serre néfastes. En souscrivant à une offre de gaz compensé carbone, le consommateur a la possibilité de réduire voire annuler l’empreinte carbone liée à sa consommation de gaz naturel.

Pour réaliser cela, le fournisseur achète des crédits carbone auprès d’associations habilitées qui mettent en œuvre des projets tels que le financement de structures qui ont pour objectif de réduire localement la pollution atmosphérique ou qui encouragent la production d’énergie verte. Certaines structures cherchent également à recapter le gaz à effet de serre émis en finançant et participant au développement de forêts qui captent le CO2. Ces actions sont menées partout dans le monde : le fournisseur Eni a par exemple participé au développement et à la construction d’un méthaniseur en Thaïlande afin de capter les émissions de méthane d’une décharge.

Plusieurs offres compensé carbone existent sur le marché, et le surcoût lié à l’achat de crédit carbone est directement facturé au client. Eni commercialise une offre à prix fixe pendant 3 ans qui assure que 100% des émissions de CO2 sont compensées. EDF a aussi lancé une offre dont le prix au kWh est fixe pendant 4 ans, révisable à la baisse à la date anniversaire du contrat, et qui assure que 100% des émissions de CO2 sont compensées par des achats de crédit carbone servant au financement de projets tels que ceux cités ci-dessus.

Les fournisseurs de gaz vert et les limites aujourd’hui soulevées

Les réserves émises concernant le biogaz

Le biogaz ne représente aujourd’hui que 2% des énergies renouvelables en France et trouve difficilement sa place. La réussite de la biométhanisation est fortement corrélée au développement des collectes sélectives et au bon tri des déchets qui n’est aujourd’hui pas respecté par tous.

De plus, la filière reste très marginale en France et reste fortement concurrencée concernant la production d’électricité. L’électricité d’origine renouvelable (solaire, hydraulique, éolienne, etc..) a en effet connu un développement beaucoup plus rapide et s’est déjà imposée sur le territoire et dans les habitudes de consommation. Les ressources possibles notamment d’exploitation des déchets pour la biométhanisation sont très importantes mais encore faiblement exploitées aujourd’hui. Le rendement de la production de l’électricité créée par la méthanisation est inférieur à celui de l’énergie solaire ou de l’éolien, rendant cette ressource peut-être moins intéressante que les autres énergies renouvelables. Toutefois, il est envisageable que les fournisseurs d’électricité développent leur production d’électricité en utilisant le biométhane car la chaleur générée est un substitut aux chaudières à gaz ou à fioul pour un usage industriel.

Les fournisseurs ne misent pas assez sur le gaz vert, malgré le fait que le biogaz, soit une énergie renouvelable

Une autre limite soulevée est celle de l’apport organique nécessaire à la production du biométhane. Cet apport est conséquent et se doit de respecter certaines règles. En Allemagne et en Belgique, les structures de production de gaz rencontrent des difficultés liées à l’approvisionnement :

  • Certaines exploitations sont poussées au développement de cultures dédiées, soit l’exploitation d’une plante qui est uniquement destinée à l’alimentation du digesteur. Ces cultures soulèvent des conflits d’usage des terres qui sont alors monopolisées pour ces productions et non pour d’éventuelles cultures alimentaires,

  • D’autres exploitations doivent acheter à prix d’or les matières organiques dont elles ont besoin pour produire le biométhane, ce qui remet en question toute la chaîne de production du biométhane et sa viabilité.

Les limites des offres de biogaz : le greenwashing

Beaucoup de consommateurs sont sceptiques et accusent certains fournisseurs ou exploitant de faire du greenwashing. Ces entreprises orienteraient leurs actions marketing et leur communication vers un positionnement écologique sans toutefois mener de véritables démarches et actions en faveur de la protection de l’environnement et de la réduction de leur impact sur celui-ci.

Toutefois, les actions menées par les fournisseurs de gaz vert sont de plus en plus concrètes et une communication accrue sur le développement de ces nouvelles énergies permet de faire connaître le biogaz et d’accroître la confiance des consommateurs en ces ressources. Vous pouvez comparer les fournisseurs de gaz avec notre outil.
Les pouvoirs publics jouent également un rôle clé dans la popularisation de ces nouvelles énergies et le développement de la filière par des initiatives claires. Par exemple, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a mis en place en 2007 le fonds déchets et a aussi créé en 2015 le fonds chaleur. Le fonds déchets vise à financer les équipements de traitement du digestat et les projets de méthanisation en particulier pour valoriser la cogénération. Le fonds chaleur finance quant à lui les projets de méthanisation et les projets d’injection de biométhane dans les réseaux de gaz. Ces initiatives devraient permettre d'accélérer le développement du biogaz en France.