Trump et le Groenland : retour sur les enjeux environnementaux

L’information est sortie le 16 août dans le très sérieux Wall Street Journal, le président américain Donald Trump envisage sérieusement d’acheter le Groenland. Ce territoire grand comme trois fois la France est en grande partie recouvert de glace. Pourquoi le Groenland a-t il soudainement suscité l’intérêt du président américain. Quels enjeux se cachent derrière ce que Donald Trump a lui-même qualifié de “grosse transaction immobilière” ?

Le président américain Donal Trump souhaite acheter le Groenland. Détails d'un imbroglio diplomatique sur un territoire au cœur des questions environnementales.

Trump veut racheter le Groenland : ce que l’on sait

Trump et le Groenland : le fil des évènements

Les choses évoluent rapidement en politique. Voici donc le résumé des évènements de l’affaire entre Trump et le Groenland résumé au jour le jour :

  • le 16 août 2019 le Wall Street Journal dévoile que Donald Trump souhaite acheter le Groenland ;

  • le 20 août la première ministre danoise Mette Frederiksen indique que le Groenland n’est pas à vendre ;

  • le 21 août Donald Trump décide d'annuler sa visite diplomatique au Danemark prévue pour le mois de septembre.

  • le 23 août le président américain se rend au G7 sur fond de polémique, la question de l’environnement sera un des thèmes centraux du sommet.

Trump a-t il une chance de pouvoir acheter le Groenland ?

Visiblement les chances de Donald Trump pour qu’il puisse mettre la main sur le Groenland sont assez faibles. La première ministre danoise lui ayant présenté une fin de non-recevoir. Cependant, le Groenland est un territoire qui a besoin des investissements étrangers et les États-Unis sont un partenaire de proximité privilégié. D’autre part, le président Trump est connu pour ne pas abandonner si facilement. Affaire à suivre donc...

Pourquoi Trump veut-il acheter le Groenland ?

Le Groenland abrite peut-être de nombreuses ressources rares et convoitées

Au même titre que l’Arctique, le Groenland reste l’un des seuls territoires non exploités par l’Homme. Et pour cause, seule 20 % de la surface du Groenland est dégelée. Le potentiel en ressources exploitables peut être importante comme l’indique Mikaa Mered, professeur de géopolitique à l'Institut libre d'étude des relations internationale et spécialiste du pôle Arctique au journal Le Parisien. Le sous-sol du Groenland contiendrait plusieurs sources d’hydrocarbures (pétrole, gaz naturel, butane, propane...). Et ce n’est pas tout ! Les couches souterraines du pays abriteraient des minerais précieux tels que de l’or et des diamants mais aussi du zinc, du cuivre, du graphite, du nickel, du platine et même de l’uranium. Ces métaux sont très utilisés dans l’industrie microélectronique, ils sont donc d’un intérêt stratégique majeur.

Des ressources plus facilement exploitables demain

Si les conditions d’exploitations de ces ressources sont aujourd’hui coûteuses et difficiles, le réchauffement climatique pourrait bien changer la donne et faciliter leur extraction.

Trump n’est pas le seul à vouloir mettre le cap sur l'Arctique

Depuis plusieurs années, d’autres grandes puissances n’ont pas caché leur intérêt pour le cercle polaire. C’est principalement le cas de la Chine et de la Russie. Naturellement présente, cette dernière est déjà bien implantée dans la région. Néanmoins, la Chine qui n’est pas frontalière de la zone arctique à également bien compris le potentiel de ce territoire. Pékin entreprend donc d’investir dans les pays frontaliers dont… le Groenland ! Comme en Afrique, le pays de la soie investit dans les grandes entreprises stratégiques et dans les infrastructures de transport du pays. Une approche économique qui ne plaît pas à Washington et au président qui a décidé d’employer “la manière Trump”.

Achat Trump Groenland : quelles conséquences sur l’environnement ?

Les défenseurs du climat sont nombreux à avoir réagi à l’annonce du souhait de Donald Trump d’acheter le Groenland. En cas d’achat par les États-Unis, ils craignent une exploitation massive des ressources naturelles du pays. Cette exploitation aurait pour conséquence la destruction de la faune locale. Des exemples concrets existent déjà, notamment avec l’exploitation du gaz de schistes aux États-Unis.

Toujours un brin farceur, le président américain a souhaité donner (à sa manière) un gage de son respect pour la préservation des paysages arctiques. Il a ainsi promis de ne pas construire de Trump Tower (le nom donné à ses célèbres gratte-ciel) en cas de deal.