Que sait-on sur Elisabeth Borne ?

La ministre des transports Elisabeth Borne a été nommée ministre de la transition écologique et solidaire après la démission de François de Rugy. Une partie de l'opposition y voit un désintéressement total de l'écologie par l'exécutif. Bien que certaines de ses décisions aient pu faire polémique sous sa casquette de ministre des transports, l'ancienne polytechnicienne travaille en terrain connu. Avant d'être nommée à ce ministère, elle fut directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie de 2014 à 2015. C’est la septième ministre nommée en autant d’années depuis 2012, de quoi décrocher la palme du ministère le plus instable depuis 7 ans.

Elisabeth Borne nouvelle ministre de la Transition Écologique

Pourquoi l'exécutif a t-il choisi Elisabeth Borne ?

Elisabeth Borne, déjà ministre des transports était loin d'être la favorite à la succession de François de Rugy. En effet, certains noms circulaient déjà dans la foulée de la démission du ministre. Les secrétaires d’État du ministre de la Transition Écologique Brune Poirson et Emmanuelle Wargon étaient pressenties pour lui succéder. Mais alors pourquoi Elisabeth Borne a t-elle été choisie ?
 

Directrice de cabinet de Ségolène Royal de 2014 à 2015

En quoi Elisabeth Borne est-elle qualifiée pour être ministre de la transition écologique ? Une partie de l'opposition voit la nomination de l’ancienne directrice de la RATP à l’écologie comme un décalage total entre les discours et les actes du gouvernement. Pourtant, Elisabeth Borne n’est pas novice en ce qui concerne l’écologie puisqu’elle a été directrice de cabinet de Ségolène Royal de 2014 à 2015, alors ministre de l'Environnement. Désormais ministre des transports depuis 2017, Elisabeth Borne a déjà été confrontée plusieurs fois à la problématique environnementale.

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Un ministère des transports déjà sous tutelle de l’écologie

Jusqu'alors ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne ne sera pas vraiment déracinée. Son portefeuille étant sous tutelle du ministère de la transition écologique, elle a mis en place le projet de loi sur les mobilités (LOM) visant à faciliter les déplacements du quotidien, tout en les rendant moins cher et plus propres. L’un des principaux objectifs de la loi LOM est de réussir la transition écologique des mobilités. Voici les mesures-clé :

  • L'interdiction des ventes de voitures à énergies fossiles d’ici 2040

  • Tripler la part du vélo dans les transports quotidiens d’ici à 2024 (de 3% à 9%) via la mise en oeuvre d’un plan vélo

  • Multiplier par 5 les points de recharges publics pour les véhicules électriques d’ici 2022

  • La création d’un forfait mobilité durable jusqu’à 400€/an pour se rendre sur son lieu de travail en covoiturage ou à vélo.

Cette loi sur les mobilités devrait donc agir de façon complémentaire avec la loi énergie-climat adoptée en première lecture le 18 juillet 2019 par le Sénat, comme nous vous en parlions il y a quelques jours.

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La nouvelle ministre de la transition écologique qui cumule deux portefeuilles ministériels n’est donc pas totalement étrangère aux enjeux écologiques. Pourtant certaines de ses prises de positions ne sont pas vraiment écolos.

Elisabeth Borne : une ministre de l'Écologie controversée

Privilégier la route plutôt que le fret ?

L’opposition n’a pas tardé à réagir après la nomination d’Elisabeth Borne au ministère de la transition écologique, qui est loin de faire l’unanimité. Après le bon score d’Europe Écologie Les Verts aux élections européennes de mai 2019, on aurait pu croire à un geste en direction des Verts de la part de l'exécutif, cela n’a pas été le cas, et Elisabeth Borne n’incarne pas vraiment l'Écologie politique. La nouvelle ministre de l’Écologie est accusée de privilégier les camions au fret à l’image du train de primeurs Perpignan-Rungis qui pourrait être remplacé par 25 000 camions par an, pas très écolo.

Mi-juillet, le train qui transporte des fruits et légumes en direction de Rungis circulait à vide depuis 3 jours et a été interrompu jusqu’au 1 novembre afin de trouver une solution. Privilégier la route aux rails n’a rien d’écologique, les entreprises de transports font désormais circuler les marchandises dans des camions pour continuer d’alimenter Rungis, avec un coût écologique désastreux.

Elisabeth Borne est-elle hostile aux rails ?

Elisabeth Borne, réputée pour être exigeante a aussi été à la tête de la réforme de la SNCF. Emblématique du gouvernement Macron, mais aussi très controversée, la loi prévoit entre autres l’ouverture à la concurrence du transport des voyageurs, mais également la suppression du statut de cheminot à partir de 2020. L’actuelle ministre de la transition écologique n’a pas toujours eu des discours en faveur de l’écologie. C’était le cas à l’occasion du Paris Air Forum en juin 2019, où Elisabeth Borne a déclaré : "N'en déplaise aux détracteurs de l'avion, je préfère une petite ligne aérienne qui désenclave rapidement et efficacement, à la construction de très grandes infrastructures de lignes à grande vitesse"

Pour rappel, l’avion pollue vingt fois plus que le train. Ses propos ont donc fait grincer des dents les associations écologistes qui ont reproché à la ministre, un manque de considération pour l’environnement, à une époque où les mobilités plus vertes doivent être privilégiées.

Une ministre trop "technocrate" pour ce poste ?

C’était l’une des promesses d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle : la moitié des membres du gouvernement devront être issus de la société civile. En mai 2017, sur les 22 membres du gouvernement, 11 n’étaient pas issus du monde de la politique. Elisabeth Borne a un donc profil plus technocratique que politique. Diplômée de l’École Polytechnique et de l’École des ponts et chaussées, la haut” fonctionnaire a été directrice de la stratégie de la SNCF de 2002 à 2007 puis présidente de la RATP de 2015 à 2017. Dans un ministère où être à l'écoute des gens est primordiale, certains regrettent son parcours trop technocratique.

La nomination d’Elisabeth Borne au ministère de la transition écologique a donc été plutôt mal perçu par les écologistes, d’autant plus que le statut de “ministre d’Etat” ait été supprimé. Au final, que penser d’Elisabeth Borne ? Si certains y voient la fin de l’écologie du quinquennat Macron, d’autres comme le vice président de France Nature Environnement Jean-David Abel sont plus nuancés : "Ce n'est pas la plus verte des personnalités politiques mais attendons de voir".