Elections européennes : le programme de 4 candidats en faveur de l’écologie

Selon un récent sondage de l’Insee, 47.1 millions de Français sont inscrits sur les listes électorales. Parmi tous les citoyens majeurs, 93% sont inscrits sur les listes électorales. C’est 2 millions de plus qu’en 2018 ! Au vue du nombre de votants, il est donc indispensable de faire le bon choix. D’autant plus que les élection européennes font parler d’elles cette année. Les précédentes élections avaient fait l’impasse sur l’écologie en ne la mettant que très peu en avant. Mais pour 2019, les candidats sont unanimes : il est grand temps d’agir ! Parmi les 34 listes des européennes, nous avons sélectionné 4 programmes aux combats similaires dans leur intention mais différents dans leur implication pour l’avenir de notre planète.

 
Voter vert aux élections européennes !

Rappel : les élections européennes, qu’est ce que c’est ?

Le Parlement européen se réunit une fois par mois à Strasbourg pour voter certaines propositions de lois. L’assemblée est composée de 750 députés européens qui siègent par groupes politiques. Aujourd’hui on compte 8 groupes politiques au Parlement.

 

Les députés sont élus tous les cinq ans au suffrage universel direct. C’est à nous de voter ! Cette année, les votes tombent le 26 mai 2019. Chaque citoyen est appelé à exprimer son choix pour l’un des 79 députés européens représentés par différents partis. En 2019, 705 euro députés seront élus en Europe contre 751 sièges prévus en 2014 en raison du Brexit en mars 2019 qui exclus les députés britanniques. Concernant la France, 79 députés français font partis des 34 listes retenues. Si le 26 mai est important, c’est parce que le vote européen est la représentation de la démocratie où chacun a un pouvoir de décision important. L’enjeu est grand à la fois pour l’Europe mais également pour notre pays.

Quels sont les projets européens ?

Les élections européennes ont pour objectifs de mettre les grands projets de l’Unions Européenne à jour : l’union douanière, la politique commerciale commune, la politique de la pêche, l’immigration, la mondialisation avec la Russie, l’Amérique et les pays asiatiques, la politique de l’euro, l’agriculture, l’environnement, les transports et l'énergie. Avec le départ des britanniques de l’Union Européenne, les enjeux communs sont forts pour le maintien de la paix en Europe.

Les élections européennes sonnent l’alarme de l’écologie

Parmi les grands projets européens, l’écologie se place au premier rang. Et pour cause, l’urgence climatique est bel et bien réelle. À ce titre, la loi du 17 août 2015 relative à la Transition Energétique instaure une panoplie de différents outils et mesures pour accélérer cette transition vers une planète plus responsable. Quel est le budget débloqué par l’Europe pour prendre des mesures en faveur de l’Environnement ? Quelles sont ces mesures prises par l’Union européenne ? Une chose est sûre, l’écologie est au coeur des programmes des candidats des européennes. Les grands axes communs aux différentes listes françaises mettent l’accent sur :

  • L’importance d’investir 1 000 milliard d’euros dans l’écologie d’ici 2024

  • La création d’une banque pour le climat pour orienter l’épargne des européens vers les investissements écologiques : changement de votre chaudière pour 1 euro, électrification des transports, isolation des combles, etc

  • L’instauration d’une taxe carbone sur les produits importés

Des objectifs encore discutables dans leur application mais qui restent les trois piliers fondamentaux de l’écologie en ce qui concerne les élections.

Zoom sur 4 candidats en faveur de la transition énergétique

Parmi les 34 listes présentées, nous avons recueilli pour vous le programme de quatre candidats politiques qui placent l’écologie au coeur de leur projet.

France insoumise : protéger l'écosystème

Manon Aubry, tête de liste de la France Insoumise (gauche) propose un programme écologique axé sur la protection de l’environnement. D’abord, la transition écologique, qui commence par limiter la pollution au maximum en mettant fin aux accords commerciaux tels que le Ceta (L’Accord économique et commercial global) : “Le libre-échange augmente le trafic maritime et donc les émissions de gaz à effet de serre” revendique t-elle. La transition énergétique passe aussi par la fin des énergies carbone, fossiles et la France Insoumise souhaite atteindre les 100% d’énergies renouvelables pour 2050. En deuxième priorité vient le développement des transports publics écologiques, l’effort vers une France “Zéro déchet” pour “sauver l'écosystème et la biodiversité”. Sur l’idée d’une taxe carbone européenne, Manon Aubry affirme que son programme prévoit une taxe uniquement “si elle n’est pas accompagnée de propositions d’alternatives pour les gens”. Concernant l’agriculture, la candidate constate que “la prime au gigantisme” est à son point mort. “Il faut la réorienter vers l’agriculture bio et paysanne. Et garantir un prix minimum aux agriculteurs”. En parallèle, la protection de l’écosystème et la biodiversité restent au centre du discours politique grâce à la mise en place de mesures visant à éradiquer la maltraitance animale, refuser les OGM, lutter contre la biopiraterie, stopper les projets de fermes usines. Des mesures radicales qui répondent à des problématiques urgentes !

LaREM et le MoDem : une république en marche accélérée vers l’écologie

LREM (République en Marche) et le MoDem font battre le fer tant qu’il est chaud. Ils choisissent de placer l’écologie comme fer de lance de leur bataille. Porté par Nathalie Loiseau, la liste Renaissance, soutenue par la République en marche le MoDem et ses partenaires, met en avant un programme clair pour agir efficacement : “faire de l’Europe une puissance verte”. Parmi les mesures proposées, on retrouve un investissement “d’au moins 1 000 milliards d’euros nécessaires d’ici 2024, pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition”. La création d’une banque pour le climat est également au programme ainsi que le refus de signer un accord de libre-échange avec un des pays en dehors des accords de Paris. De plus, la liste Renaissance entend asseoir sa volonté “d’habiter un continent neutre en carbone” avec la taxation des produits importés en Europe, la fermeture de “toutes les centrales fonctionnant aux énergies fossiles” et la sortie des hydrocarbures d’ici 2050. Concernant l’alimentation, Nathalie Loiseau prévoit de “créer une force de protection sanitaire contre les fraudes alimentaires”, “sortir du glyphosate d’ici 2021 et diviser par deux les pesticides d’ici 2025”. Du côté de l’agriculture, la liste de Nathalie Loiseau entend porter “un modèle agricole et de consommation respectueux de la nature” en assurant un revenu élevé à tous les agriculteurs, le respect du bien-être animal partout en Europe, l’interdiction du plastique non-recyclable d’ici 2025, et la fin à l’obsolescence programmée ainsi qu’à l’importation de produits contribuant à la déforestation. En bref, faire de l’Europe le moteur de la biodiversité.

Une Europe écologique et sociale pour un équilibre européen

Conduite par Raphaël Gluksmann, la liste du Parti Socialiste propose la mise en place d’un pacte “finance-climat-biodiversité” qui induit la création d’un budget européen pour le climat et la biodiversité d’un montant de 500 milliard de dollars sur cinq ans. Le financement proviendrait d’un impôt européen sur le bénéfice des sociétés. Les objectifs de ce pacte sont nombreux :

  • Rénovation des bâtiments

  • Accélération du déploiement des énergies renouvelables

  • Développement des transports collectifs

  • Création de l’emploi

  • Protection de notre santé

  • Diminution de “500 à 1 000 euros par an les factures de chauffage de chaque ménage en France”

L’Europe écologique et sociale entend défendre une europe verte à travers un protectionnisme qui inclut la taxe carbone pour les pays européens. Le programme comprend le renforcement du réseau Natura 2000, la sortie des dépenses écologique du calcul des 3% de déficit public et la création d’une agence de notation environnementale pour décourager le “financement des activités destructrices de l’environnement”.

 

La liste Urgence Écologie : agir, c’est maintenant !

Parmi les plus engagés, la liste Urgence Écologie menée par Dominique Bourg, philosophe et ancien bras droit de Nicolas Hulot propose un programme actif : la priorité absolue à la lutte contre le réchauffement climatique et l'extinction des espèces, la reconnaissance des droits des animaux, la poursuite pénale des éco-criminels et la justice climatique. Selon l’écologiste engagé Dominique Bourg, “on doit changer de modèle maintenant. [...] Si la possibilité de vie sur terre est en danger, on ne prend pas des mesures sur 15 ou 20 ans mais maintenant. [...] . Il ajoute au Figaro que “les ressorts sur lesquels ont va devoir s’appuyer ne sont pas économiques, c’est aux citoyens de faire un pas ensemble”.. Un discours qui donne envie de s’y atteler rapidement. Et pour cause, la liste de Dominique Bourg séduit de nombreux votants : selon un récent sondage (du 19 mai 2019) de l’institut Harris-Epoka, il ressort qu’Urgence Écologie est située dans le peloton de tête du classement avec 0.5% des voix. À titre indicatif, la liste LRME-MoDem est donnée à 22.5%, la France Insoumise à 10% et l’Alliance jaune à 1%.

Ces 4 listes ne sont pas les seules à proposer un programme écologique. Pour en savoir plus, découvrez l’article de francetvinfo.fr qui résume les programmes des candidats selon toutes les thématiques qu’ils englobent. Alors, savez-vous pour qui vous allez voter dimanche 26 mai ?