Classement Greenpeace : Démêler le vrai du faux vert

Il aura fait couler de l’encre. Le 28 septembre 2018, Greenpeace dévoile son classement des fournisseurs d’électricité les “plus verts” du marché. Dans son guide électricité verte l’ONG passe au crible 19 fournisseurs qui proposent des offres d'électricité issue du renouvelable et dont l’activité est constante sur l’année 2017. Le haut du pavé est tenu par un trio de fournisseurs peu connus du grand public ; Ilek, Enercoop et Energie d’Ici s’illustrent comme les meilleurs élèves de la classe “transition énergétique” et se voient estampillés du sceau “vraiment vert” par l’ONG. En revanche, Engie, Total Spring ou EDF écopent d’un zéro pointé en plus de la qualification peu glorieuse de fournisseur d’énergie “vraiment mauvais”. Derrière ce classement, Greenpeace pointe du doigt la myriade d’offres dites “vertes” auxquelles les consommateurs ont accès, en parallèle d’un marché qu’elle considère “illisible”. Alors qui est vert, qui ne l’est pas et quels sont les critères sur lesquels Greenpeace se base pour établir son classement ? On démêle le vert du faux.

Classement Greenpeace main verte

Greenpeace critique vis à vis du mécanisme des garanties d’origine

On ne présente plus Greenpeace, cette ONGI de protection de l’environnement qui s’illustre régulièrement dans la presse comme le défenseur de la santé de la planète et le dénonciateur des sociétés dont l’éthique environnementale laisse à désirer.

Cette fois-ci, ce sont les dispositions écologiques de 19 fournisseurs d’électricité qui sont passées en revue et le résultat laisse les plus gros sur le carreau. Derrière ce classement, Greenpeace souhaite éclairer les utilisateurs sur les fournisseurs qui sont réellements verts, et ceux qui ne le sont pas. Parce que pour l’ONG, afficher des offres “vertes” est loin d’être un seul gage d’engagement en faveur de la transition énergétique.

La bête noire, pour l'ONG, ce sont les “garanties d’origines”, ou plutôt, l’utilisation qui en est faite. Originairement créées pour établir la traçabilité des énergies vertes, Greenpeace pointe du doigts une utilisation abusive de ces sceaux de qualité. En effet, hormis Ilek, Enercoop et Énergie d’Ici qui satisfont les exigences de l’ONG, Greenpeace reproche à tous les fournisseurs de se contenter d’acheter ces “garanties d’origine”. Ces dernières attestent qu’une quantité équivalente d’électricité renouvelable à celle qui a été revendue au client circule sur le réseau électrique en France ou en Europe et cette seule attestation suffit pour que les entreprises soient légalement autorisé à proposer des offres “vertes”. Une hérésie selon Greenpeace qui fustige les géants (“pollueurs”) du marché de faire une utilisation presque frauduleuse des garanties d’origine. Pour Greenpeace, une garantie d’origine apposée sur une offre verte d’un fournisseur qui continue dans le même temps à se fournir en électricité issue de centrale nucléaire ou à charbon relèverait presque de la supercherie.

classement greenpeace ampoule graine

Les critères Greenpeace

Il convient tout de même de rappeler que quelle que soit la provenance de l’électricité, une fois qu’elle rejoint le réseau elle se mêle à celle qui est déjà en circulation ; il devient alors impossible de savoir si un électron est plus vert qu’un autre.

N’en déplaise à l’ONG qui a décidé d’établir son propre classement afin de discerner le vrai vert du “faux” vert. Les questions qui ont été posées aux fournisseurs afin de définir leur place dans le classement sont les suivantes :

  • Quelle électricité produisent-ils ?

  • Quelle est leur politique d’achat d’électricité ?

  • Quelle usage font-ils des “garanties d'origines” ?

  • Quels investissements (et désinvestissements) ont-ils effectués et quels investissements prévoient-ils ?

Selon les réponses, les fournisseurs audités ont été répartis en quatre catégories :

  • Les fournisseurs vraiment mauvais

  • Ceux qui sont à la traîne

  • Ceux qui sont en bonne voie

  • Les vraiment verts

Afin d’établir une comparaison, prenons deux cas opposés:

Energie d’ici est l’un des trois fournisseurs du classement Greenpeace à se voir attribuer la mention de fournisseur vraiment vert. Pour justifier son évaluation, l’ONG précise que le fournisseur ne revend que de l’électricité achetée à des petits producteurs d’électricité hydraulique, auxquels il achète également des garanties d’origine, gage alors légitime de la provenance de l’électricité qu’il propose à ses clients.

Par ailleurs, selon Greenpeace, Energie d’Ici investit de manière régulière et soutenue dans le raccordement au réseau électrique de nouvelles centrales hydroélectriques de petite capacité. Le fournisseur ne fait aucune utilisation des énergies fossiles et du nucléaire ; un modèle écologique à suivre pour l’ONG qui encense le fournisseur

Il n’en va pas de même pour Engie qui est, quant à lui, taxé de tous les maux. Le fournisseur historique trouve peu de grâce aux yeux de l’ONG qui porte un regard sévère et sans concession sur ses activités. Mais à lire la fiche rédigée par Greenpeace, il apparaît clair que ce qui est reproché à Engie, c’est de ne pas en faire assez. Par exemple, Greenpeace admet que 60% des capacité de production électriques d’Engie proviennent du renouvelable mais regrette que ce chiffre tombe à 19% à l’échelle européenne…. Par ailleurs, bien qu’ Engie a entrepris de fermer ou de revendre ses centrales à charbon, l’ONG s’insurge que l’entreprise envisage la revente alors que “l’urgence climatique demande la fermeture pure et simple” de ces usines. Pour finir, d’ici à 2020, Engie prévoit de raccorder 290 mégawatt de solaire et éolien en Europe mais ses investissements parallèles dans le nucléaire le prive d’une quelconque indulgence de la part de Greenpeace.

Indulgence n’est pas Greenpeace

L’intransigeance : Ils en ont fait leur modus operandi. Et sans doute Greenpeace ne jouirait pas de sa notoriété actuelle s’il avait fait montre de souplesse sur les sujets les plus représentatifs de ses valeurs.

En revanche, la réalité n’est peut-être pas aussi tranchée que celle décrite par l’ONG. Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, les acteurs se sont multipliés en même temps que les lois et les politiques environnementales ont évoluées, souvent en se durcissant. La loi sur la transition énergétique et la croissance verte de 2015, si elle donne des axes de conduite aux entreprises du secteurs de l’énergie (aussi bien qu’aux particuliers dans une mesure moins directive) n’impose pas d’obligation de résultats, seulement des obligations de moyens. Somme toute il est exigé des entreprises qu’elles mettent en place des actions (le plus possible) favorisant la transition énergétique, à la mesure de leur capacités.

Energie d’Ici a été créé en 2016 sur un positionnement 100% renouvelable. La création d’ENGIE (anciennement Gaz de France) remonte à 1946, une époque où les considérations écologiques étaient bien moins importantes que ce qu’elles sont devenues.

Peut-être que l’utilisation de critères prenant en compte l’histoire des fournisseurs et leur sourcing historique de l’électricité aurait permis un classement plus représentatif et moins “choc” que celui proposé par Greenpeace.

Quoi qu’il en soit, ce classement a le mérite d’attirer l’attention sur la nécessité de comparer les fournisseurs d’énergie que vos ambitions soient écologiques, économiques ou les deux !

Par ailleurs, le meilleur moyen pour s’assurer de la provenance renouvelable de son électricité est encore de la produire soi-même ; en installant des panneaux solaire vous ne pourrez plus jamais douter !

classement greenpeace ampoule allumée mains

Et vous, vous en pensez quoi du classement Greenpeace ? Ecrivez-nous dans la rubrique commentaires de cet article, on aimerait savoir ce que vous en pensez !

 

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